8 août 2013
Les terrains contaminés
66 cas recensés à Saint-Hyacinthe
Par: Le Courrier
La station-service qui était exploitée au 7700, boul. Laurier Ouest est l'un des nombreux sites qui ont été contaminés aux hydrocarbures et autres produits chimiques dans les limites de la ville.

La station-service qui était exploitée au 7700, boul. Laurier Ouest est l'un des nombreux sites qui ont été contaminés aux hydrocarbures et autres produits chimiques dans les limites de la ville.

Bientôt dépollué dans le cadre du programme gouvernemental ClimatSol – l’opération coûtera 220 000 $, dont 110 000 $ à la Ville de Saint-Hyacinthe -, le terrain vacant du 1090, rue des Cascades, n’est pas un cas unique, loin de là. C’est plutôt la pointe de l’iceberg en matière de contamination des sols dans les limites de la ville.

Pour tout Saint-Hyacinthe, le répertoire des terrains contaminés que tient le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP), contient 66 dossiers documentés, mais on peut présumer que le phénomène est de plus grande ampleur. Parmi ces sites, 23 correspondent à des terrains qui ont fait l’objet de travaux de restauration. C’est le cas, par exemple, du siège social de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, au 2255, rue Sainte-Anne, dont la décontamination a eu lieu en 1993; le sol contenait des hydrocarbures pétroliers.

De même, l’immeuble commercial situé au 1312, des Cascades, devrait bientôt disparaître de la liste des 43 terrains contaminés dont le nettoyage n’a pas été entrepris ou complété. Dans ce dossier, tous les travaux de décontamination ont été achevés en avril 2013, a indiqué l’ancien propriétaire, Pierre Solis. « Ça a coûté très cher. Il y a une partie qui a été traitée chimiquement et une autre, de 20 pieds par 20 pieds, où il y a eu de l’excavation. Avec les analyses, ça a dépassé les 100 000 $, et je n’ai pas eu de subvention », a-t-il confié au COURRIER.L’édifice du 1312, des Cascades avait fait jaser en mars 2010, lorsque le commerce qui y logeait l’épicerie Viand-O-Bec s’était retrouvé dans l’obligation de fermer ses portes. Son institution financière avait annulé un prêt qu’elle lui avait d’abord consenti, parce que des tests de sol avaient révélé la présence d’hydrocarbures pétroliers. Pierre Solis met en cause une vieille chaudière à mazout qu’il avait fait enlever il y a longtemps. « Le terrain était classé « correct » pour du commercial, mais l’institution prêteuse s’est montrée plus que pointilleuse », explique-t-il.M. Solis, qui est courtier immobilier, précise que les analyses de sol sont devenues monnaie courante avant les transactions à caractère commercial, de même que dans le cas des immeubles à logement multiples. « Pour les dossiers commerciaux, c’est un automatisme. Une expertise est toujours demandée par les institutions financières. C’est la phase I du processus. »Avec son terrain fraîchement décontaminé, il certifie que l’immeuble qu’il possédait à l’angle des Cascades et Duclos est maintenant classé « A1 » et qu’il se prête tant à une utilisation commerciale que résidentielle. Il a vendu l’édifice ce printemps à Ghislain Saint-Amand, du Superclub Vidéotron, et selon une rumeur, une épicerie serait sur le point de s’y installer. Toutefois, LE COURRIER n’a pu en obtenir la confirmation auprès du nouveau propriétaire.

Ni pire, ni mieux qu’ailleurs

Sainte-Anne, Dessaulles, des Cascades, Saint-Louis, Des Seigneurs, Laurier Ouest… Elles sont rares, les vieilles artères de Saint-Hyacinthe, où un déversement ancien de produits chimiques n’a pas été détecté, qu’il s’agisse d’hydrocarbures pétroliers, d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, ou d’autres substances toxiques comme le benzène, l’éthylbenzène, le toluène et les xylènes, qui parfois ont pu migrer vers la nappe phréatique. Pas moins de 16 stations-services d’hier et d’aujourd’hui se retrouvent parmi les endroits fichés au registre du MDDEFP.

Mais lorsqu’on jette un regard à l’état des lieux dans d’autres villes de taille moyenne à ce chapitre, on se rend compte que la situation à Saint-Hyacinthe n’est ni pire, ni meilleure qu’ailleurs. Pour Granby, par exemple, le registre des terrains contaminés contient 88 dossiers, dont 61 d’emplacements non réhabilités. À Saint-Jean-sur-Richelieu, une ville qui compte 93 485 habitants, 400 terrains contaminés ont été identifiés, dont 133 non restaurés.Dans le cas de Shawinigan, on fait état de 52 enregistrements, mais seulement 22 d’entre eux concernent des terrains non restaurés. La situation est très semblable à Drummondville, où à peine 18 terrains sur les 53 fichés n’ont pas fait l’objet d’une restauration. Voilà qui correspond à un ratio d’un terrain non réhabilité pour 4 062 habitants, comparativement à un ratio d’un pour 1 257 habitants à Saint-Hyacinthe.Pour toute la MRC des Maskoutains, il existe 88 enregistrements de terrains contaminés, dont 60 dossiers de sites non restaurés à ce jour. Aucun dossier n’existe pour les municipalités de La Présentation, Saint-Bernard-de-Michaudville, Saint-Barnabé-Sud, Saint-Damase et Saint-Louis. En revanche, Saint-Dominique (3), Sainte-Hélène-de-Bagot (3), Sainte-Madeleine (2), Sainte-Marie-Madeleine (1), Saint-Hugues (2), Saint-Jude (1), Saint-Liboire (2), Saint-Marcel-de-Richelieu (1), Saint-Pie (3), Saint-Simon (2) et Saint-Valérien (1) sont mentionnées au registre.Terrains contaminés Villes population dossiers non restaurés Saint-Jean-sur-Richelieu 93 485 h. 444 133Granby 64 078 h. 88 61Saint-Hyacinthe 54 078 h. 66 43Drummondville 73 120 h. 53 18Shawinigan 50 075 h. 52 22Victoriaville 44 313 h. 32 11

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