11 mars 2021
Carte blanche
8 mars
Par: Christian Vanasse

Hey, j’connais un gars, sais-tu ce qu’y a fait pour la Journée internationale des droits des femmes? Rien. Y a rien fait. Pourtant, je le connais ce gars-là, toujours occupé à faire de quoi, régler une patente, trouver une solution, pis surtout donner son avis sur toute pis son contraire même quand on l’a pas demandé. Mais, le 8 mars… rien. Silence. Y a pas pris la parole, sur les médias sociaux ou ailleurs, pour clamer son amour, son respect, pis son admiration pour les femmes et comment elles sont toutes fortes-zé-magnifiques. Non. Y a rien dit. Y a juste écouté.

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Bon, j’exagère quand je dis « y a rien fait » parce qu’« écouter », c’est plus actif qu’« entendre ». Tu peux entendre sans que ça aille plus loin que tes oreilles. Mais quand t’écoutes, avec sincérité, ça se rend jusqu’au cerveau, jusqu’au cœur. Facque, toute la journée, il a écouté des femmes parler de ce qu’elles vivent, ce qu’elles ressentent, ce qui leur fait du bien ou du mal. Il a écouté celles qui ont le courage et la patience d’expliquer, encore, ce que les mots « féminisme », « égalité » ou « charge mentale » représentent. Les témoignages sur les insultes, les menaces, la violence et la haine et pourquoi des femmes tremblent en revenant chez elles le soir, pis c’est pas à cause du frette.

Le gars a écouté tout ça en pensant à Marly Édouard, de Laval. Élisapee Angma de Kuujjuaq. Sylvie Bisson et Myriam Dallaire de Sainte-Sophie et Nancy Roy de Saint-Hyacinthe et à toutes celles qui ne verront jamais un autre 8 mars. Lundi, le gars a rien dit. Mais il a écouté. Les mots des femmes sont dans sa tête, pis son cœur. Et demain, après-demain pis toués autres jours de l’année, il va parler avec elles, pour elles.

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