15 mars 2018
Exercice militaire
À l’assaut d’une ferme de Saint-Liboire!
Par: Olivier Dénommée
L’officier des affaires publiques, Étienne Dion-Marcil, a accompagné les journalistes présents et répondu à leurs questions pendant l’exercice.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’officier des affaires publiques, Étienne Dion-Marcil, a accompagné les journalistes présents et répondu à leurs questions pendant l’exercice. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le terrain offrait très peu de couverture pour les alliés, attaqués très tôt par les ennemis qui surveillaient la sortie du boisé à quelques centaines de mètres de la ferme. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le terrain offrait très peu de couverture pour les alliés, attaqués très tôt par les ennemis qui surveillaient la sortie du boisé à quelques centaines de mètres de la ferme. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Les 40 soldats ennemis étaient bien organisés et attendaient les attaquants de pied ferme, mais la force d’assaut des 60 soldats amis a eu raison de leur défense.

Les 40 soldats ennemis étaient bien organisés et attendaient les attaquants de pied ferme, mais la force d’assaut des 60 soldats amis a eu raison de leur défense.

À l’assaut d’une ferme de Saint-Liboire!

À l’assaut d’une ferme de Saint-Liboire!

Tel qu’annoncé dans nos pages, des centaines de réservistes des Forces canadiennes ont passé leur « semaine de relâche » à participer à des exercices militaires en milieu urbain sur la Rive-Sud de Montréal. Le mardi 6 mars, les Liboirois ont pu apercevoir jusqu’à 150 militaires sur leur territoire et entendre des milliers de coups de feu être échangés en début d’après-midi.

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Une soixantaine de réservistes ont reçu pour mission d’occuper une ferme dans le rang Saint-Édouard, ne sachant pas à quelle résistance ils feraient affaire. Environ 40 soldats « ennemis » les attendaient, et les premiers tirs se sont fait entendre dès 13 h 30, une trentaine de minutes avant le début prévu de l’opération. Le grand terrain découvert et mouillé par la neige fondue a empêché les « alliés » d’avancer sur le front initialement prévu, un énorme champ à la sortie d’un boisé. Les troupes ont tout de même pu encercler la ferme et en prendre le contrôle en ne comptant que cinq blessés, selon le compte du major Tancrède Bérubé, en charge de la stratégie. « L’opération s’est passée un peu moins bien que prévu : l’ennemi était mieux organisé que ce qu’on espérait et le terrain a été très difficile pour nous », a-t-il expliqué après un briefing.

L’opération, qui a duré environ 1 h 30, a aussi pris les soldats par surprise lorsqu’ils ont constaté que l’ennemi avait pris une femme en otage. Celle-ci était réticente à toute aide, jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elle avait été victime de viol et qu’elle ne faisait pas confiance aux hommes. Une soldate a pris la relève et a pu s’occuper de la victime pendant que les autres ont sécurisé la zone. « C’était une surprise, on ne savait pas qu’il y aurait une civile sur place, mais c’est bien que tout ne soit pas scripté », conclut le major, fier de l’efficacité de ses troupes. À la fin de l’exercice à Saint-Liboire, les troupes se préparaient déjà à camper à Drummondville avant le prochain scénario à Acton Vale.

Scénario réaliste

L’occupation de la ferme n’était qu’un scénario fictif, mais les réservistes y participant l’ont tous pris très au sérieux, confirme l’officier des affaires publiques Étienne Dion-Marcil. « Cette semaine est l’occasion pour les réservistes de s’entraîner dans différents environnements. Ici, c’est plus rural et le défi était l’absence de couvert. » Cet exercice dans la région était aussi très spécial pour les participants issus du 6e Bataillon, Royal 22e Régiment, pour la plupart originaires de la région. Le but de cette semaine intensive est aussi de plonger les réservistes dans des conditions réelles de combat, utilisant leur équipement conventionnel, à la seule différence qu’ils tirent des balles à blanc. « Ils sont là pour apprendre et tester leurs connaissances. On préfère qu’ils fassent leurs erreurs maintenant plutôt qu’en situation réelle », soutient celui qui avait un accès privilégié aux détails du scénario. Selon lui, le fait d’être confrontés à une victime de viol (interprétée par une autre réserviste qui s’est prêtée au jeu) fera en sorte que les soldats pourront mieux réagir s’ils étaient réellement confrontés à cette situation.

« Pas juste des bonshommes en vert »

M. Dion-Marcil assure que la population était bien au fait de ce long exercice, qui s’est étalé du lundi 5 au vendredi 9 mars dans différents lieux. « Des milliers de lettres ont été envoyées partout où on préparait nos scénarios pour prévenir les citoyens de ne pas paniquer et de ne pas appeler le 911 au moindre coup de feu! » 

Le but avoué de l’exercice n’est pas seulement de préparer les troupes, mais aussi de se rendre visible auprès de la population. « On est là pour parler avec les citoyens et leur faire comprendre qu’on n’est pas juste des bonshommes en vert! » L’officier Dion-Marcil admet du même coup que la réserve est en pleine campagne de recrutement. Des activités comme celles de la semaine de relâche visent à briser les tabous et à montrer que l’armée est humaine et surtout accessible.

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