1 avril 2021
Claude Corbeil sur Zoom devant la Chambre de commerce
À quelle heure le punch?
Par: Martin Bourassa

C’est cette expression souvent associée à Denise Filiatrault qui m’est venue en tête au terme de la conférence donnée par le maire Claude Corbeil devant quelque 145 écrans/curieux réunis virtuellement, pandémie oblige, à l’initiative de la Chambre de commerce de la grande région de Saint-Hyacinthe. Le fameux punch n’est jamais venu.

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L’occasion était pourtant belle de profiter de cette tribune, dans un environnement contrôlé et devant un auditoire que l’on devinait intéressé, comme tremplin en prévision de la campagne électorale de novembre. Comme Denis Coderre l’a fait à l’émission Tout le monde en parle dimanche, le maire Corbeil aurait pu créer l’événement.

Annoncer son retrait prochain ou encore son retour pour un troisième mandat. On lui a ouvert la porte en fin de rencontre, mais il a répété qu’il préférait poursuivre sa réflexion jusqu’à la fin des semences, sinon en juin. Il n’a toutefois pas donné l’image d’un maire très enthousiaste à l’idée de se lancer en campagne ou motivé à partager sa vision du Saint-Hyacinthe de demain.

À tout prendre, une annonce officielle sur un dossier municipal d’intérêt aurait été appréciée, dans la mesure où cela faisait deux ans qu’il ne s’était pas prêté à pareil exercice devant les gens d’affaires. Mais il n’a rien annoncé de transcendant, même que son survol économique a été moins long que ses explications sur le plan de débordement des égouts!

Concernant la réforme de la gouvernance économique qu’on nous promet depuis trois ans et qu’il aurait été fort pertinent de présenter devant ce public, il a répété qu’elle s’en venait! En effet, les médias pourront la découvrir dans une semaine. Pourquoi ne pas l’avoir dit?

Essentiellement, les abonnés du COURRIER, ou ceux qui nous lisent religieusement, n’ont pas manqué grand-chose. L’exercice avait des airs de simple mise à jour. Ceux qui suivent l’actualité locale et qui ont lu avec intérêt l’entrevue de début d’année que nous avait accordée M. Corbeil ont dû trouver le temps long. Mais ceux qui sortent du coma auront trouvé dans cette conférence une façon superficielle d’actualiser leurs connaissances sur les dossiers municipaux. Superficielle, dans la mesure où la profondeur n’a pas été au rendez-vous.

Ce qui est assez étonnant puisque, contrairement à l’entrevue annuelle donnée au COURRIER, le maire avait eu tout le loisir d’approuver au préalable les questions soumises par l’animateur et celles de l’auditoire.

Ainsi, sur le dossier Exceldor et la rencontre décisive qui aura bientôt lieu devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec, on a compris que la Ville se préparait à cette rencontre et qu’elle avait espoir d’accueillir cette usine.

Vous en voulez encore? Sur l’usine de biométhanisation, sachez qu’elle fonctionne « de mieux en mieux, mais qu’il faut encore améliorer nos façons de faire pour qu’elle puisse fonctionner de mieux en mieux ». De la grande poésie!

Comme spectateur attentif de la chose municipale, je mentirais en disant que je n’ai rien appris pendant cette heure d’infopublicité. En effet, j’ai pour la première fois vu des esquisses de la nouvelle bibliothèque, su que nos élus avaient enfin reçu l’étude d’impact sur la santé du centre-ville, promise en 2018, et que la Ville, voire Saint-Hyacinthe Technopole, était à finaliser le plan d’affaires à envoyer au ministère de l’Économie et de l’Innovation pour doter la Ville d’une zone d’innovation internationale en transformation alimentaire et en médecine vétérinaire.

Des propos tenus par M. Corbeil, je retiens un passage plus délicat et moins assuré, soit celui concernant l’embourgeoisement du centre-ville. Pour prévenir l’embourgeoisement et en même temps assurer le développement du cœur de sa ville, M. Corbeil continue de suggérer que le meilleur moyen d’y parvenir est de favoriser la mixité, en y attirant des résidents aux différents profils économiques.

Va peut-être pour la croissance, mais on comprend mal comment l’arrivée de locataires plus riches au centre-ville pourra prévenir son embourgeoisement.

Enfin, sa volonté de protéger les plus démunis en leur permettant de rester au centre-ville peut paraître assez contradictoire à la vue des locataires qui ont ou qui seront encore évincés pour assurer la construction de complexes immobiliers pour gens aisés. Aider les démunis, voilà qui est plus facile à dire qu’à faire.

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