14 novembre 2013
Aide sociale : une hausse vraiment insuffisante!
Par: Le Courrier
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La hausse de 20 $ pour les personnes seules à l’aide sociale, annoncée par le gouvernement Marois le 30 octobre, ne changera pas grand-chose aux conditions de vie de ces personnes qui vivent actuellement avec 604 $ par mois.

Imaginez ce que vous feriez avec 5 $ de plus par semaine! C’est pratiquement un pain et un litre de lait par semaine. Ce n’est pas cette hausse qui va sortir ces gens de la pauvreté.Rappelons que l’annonce faite par la première ministre Pauline Marois consiste à hausser de 20 $ les prestations des personnes seules à l’aide sociale à compter du 1 er février prochain. Les prestations seront ensuite augmentées de 10 $ par année pour atteindre 50 $ par mois le 1 er janvier 2017. Toutefois, cette aide ne sera pas versée aux personnes vivant en HLM, le gouvernement Marois jugeant que ces dernières sont suffisamment aidées par l’État. Le fait que le gouvernement reconnaisse que les personnes seules à l’aide sociale vivent en situation d’extrême pauvreté est quand même bien. Dans notre organisme, nous savons depuis des années que les personnes seules sont celles qui connaissent le plus de difficultés financièrement. Chez nous, elles représentent 50 % des gens qui viennent nous consulter pour leur budget. L’organisme aurait aimé que le gouvernement Marois mette fin à la discrimination basée sur les contraintes à l’emploi. Une personne avec contrainte temporaire à l’emploi reçoit actuellement 733 $, comparativement à 604 $ pour une personne sans contrainte. L’ACEF est d’avis que tous les assistés sociaux devraient toucher la même prestation de 733 $, peu importe qu’ils soient aptes ou non au travail. Il faut rappeler que plus tôt cette année, le gouvernement québécois avait procédé à des coupures de 19 millions $ à l’aide sociale, notamment en retirant la contrainte temporaire aux personnes qui atteignent 55 ans ainsi qu’aux familles, à moins qu’elles s’inscrivent à une mesure d’employabilité. L’ACEF Montérégie-est estime aussi que l’État devrait investir davantage dans la construction de logements sociaux, notamment auprès des personnes seules où le besoin est criant. Le logement social est en effet l’une des meilleures façons d’aider les personnes à faibles revenus. L’annonce du 30 octobre prévoit également plusieurs autres mesures, notamment un rehaussement du financement des organismes communautaires. Curieusement, les organismes en défense de droits, comme les associations de consommateurs, ne semblent pas en faire partie, si l’on se fie aux documents émis par le gouvernement québécois. Un organisme comme le nôtre intervient directement auprès des gens qui vivent des difficultés financières afin d’améliorer leur situation. Chaque année, nous réalisons de petits miracles car notre financement de base est gelé depuis des années et s’avère nettement insuffisant. Pourtant, nous agissons directement dans la lutte à la pauvreté.

Roger Lafrance, coordonnateur ACEF Montérégie-est

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