16 mai 2019
Amsterdam : revivre Brel à travers ses personnages
Par: Maxime Prévost Durand

Dans Amsterdam, les comédiens Jean-François Blanchard, Véronique Savoie, Elodie Bégin, Martin Lebrun et José Dufour donnent vie aux personnages des chansons de Jacques Brel. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Les chansons de Jacques Brel, l’un des plus grands de la chanson francophone, ont ce pouvoir de raconter des histoires. Et les personnages de ces histoires sont nombreux. Avec le théâtre musical Amsterdam, signé Mélissa Cardona, ceux-ci prennent vie autour d’un jeune Brel, à l’aube de la vingtaine, alors qu’il travaille à la cartonnerie de ses parents et qu’il aspire à devenir un artiste.

À travers la pièce, des liens sont tissés entre Jacques Brel et tous ces personnages, qu’il s’agisse de Jef, Clara, Mathilde ou Madeleine. Ensemble, ils se retrouvent tous au sein d’un groupe de jeunes gens plutôt créatifs qui travaillent à la cartonnerie et ils se plaisent à inventer des histoires. Ils forment même une troupe de théâtre, jusqu’à ce qu’un impresario venu de Paris débarque en faisant miroiter une grande carrière artistique au plus talentueux du groupe.

« C’est un spectacle qui donne cette sensation de voir “l’avant” Jacques Brel tel qu’on le connaît maintenant », soutient le comédien Jean-François Blanchard, qui joue l’impresario dans la pièce.

Dans Amsterdam, Jacques Brel est joué par Jean-François Pronovost, que l’on retrouve également depuis cet hiver dans la nouvelle mouture de Passe-Partout à la télévision. Sur scène, il est accompagné de dix comédiens et chanteurs dans un décor et avec des costumes qui nous plongent à la fin des années 1940, peu de temps après la Seconde Guerre mondiale.

La grande théâtralité présente dans les chansons de Brel fait en sorte qu’il était tout naturel de s’en inspirer pour un théâtre musical et de les intégrer à la pièce, estiment les membres de la troupe rencontrés par LE COURRIER.

« Chaque chanson en soi est une histoire », affirme Elodie Bégin, qui joue le rôle Clara. « Elles sont là pour faire évoluer l’action ou l’émotion dans la pièce, ajoute Martin Lebrun, qui incarne Casanova. On voyage entre les chansons les plus populaires de Brel et certaines moins connues. »

Même ceux qui connaissent moins Jacques Brel y trouveront leur compte, assurent-ils. « On le connaît plus qu’on le pense. Il n’est pas immortel pour rien », lance Martin Lebrun.

Petite pièce devenue grande

Enseignante au Cégep de l’Assomption, Mélissa Cardona avait eu l’idée d’écrire la comédie musicale Amsterdam pour ses étudiants de la troupe parascolaire nommée RéAction. Mais rapidement, cette petite pièce est devenue grande.

Plusieurs personnes lui ont suggéré de la présenter de façon professionnelle, si bien que quatre représentations au Gesù, à Montréal, ont permis de valider le potentiel de la pièce. De surcroît, France Brel avait octroyé les droits d’auteurs nécessaires à la production de la pièce, puis le consul de Belgique a louangé la proposition après l’avoir vue sur scène.

Avec une distribution presque entièrement renouvelée et une mise en scène qui a évolué, Amsterdam s’est ensuite installée au Théâtre des Grands Chênes, à Kingsey Falls, tout l’été dernier, avant de partir en tournée à travers le Québec. Samedi soir, ce sera au tour du Centre des arts Juliette-Lassonde de l’accueillir et de voir revivre Brel et ses personnages sur scène.

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