24 octobre 2019
Andres Fontecilla y était
Par: Le Courrier

Tout d’abord, je tiens à vous remercier d’avoir couvert la marche de soutien aux locataires de la rue Saint-François, une mobilisation exceptionnelle qui a rassemblé environ 150 personnes provenant de tous les coins du Québec, preuve que cet enjeu des évictions et démolitions touche de nombreuses municipalités à travers la province.

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J’ai toutefois été fort étonnée de n’y voir aucune mention de la présence du député solidaire Andres Fontecilla, qui s’était déplacé spécialement pour nous assurer de son soutien dans cette lutte, car il est officiellement responsable du dossier logement au sein du caucus de la 2e opposition. Et ce, alors que vous souligniez pourtant la présence du candidat (et maintenant député) bloquiste, dont le mandat au fédéral ne pourrait être d’intervenir dans ce dossier puisque le logement est constitutionnellement de compétence provinciale et que Jean Charest a négocié son retrait du programme de logement du fédéral avec pleine compensation. Pourquoi cette omission et ce choix qui défient toute logique?

De plus, Québec solidaire a demandé cette semaine, de pair avec plusieurs comités logement, dont le RCLALQ (qui était présent à la marche de Saint-Hyacinthe), un moratoire sur les « réno-évictions », ou évictions déguisées, faites dans des secteurs sensibles de plusieurs municipalités, et qui visent, sous prétexte de rénovations, à mettre dehors des locataires vulnérables et/ou à revenu modique afin de faire grimper démesurément leur loyer.

Le projet Réseau sélection s’inscrit dans une autre catégorie, mais l’effet reste le même : mettre dehors des citoyens âgés et/ou à revenu modique afin de faire place à un projet pour gens fortunés sous prétexte de « densification ». Or, si celle-ci doit s’effectuer dans la municipalité afin de préserver et d’améliorer les services et de réduire notre empreinte carbone, cet effort doit tout de même reposer sur l’ensemble des quartiers dans une politique d’urbanisme cohérente et globale et non seulement sur les épaules d’un quartier fragile, avec un indice de défavorisation plus élevé que la moyenne et dans un contexte de grave pénurie de logements abordables.

La mobilisation pour le droit au logement n’est pas un enjeu qui est prêt de s’atténuer au cours des prochaines années à travers le Québec ni à travers le Canada, comme en font foi plusieurs reportages parus durant la dernière campagne électorale. Il serait à mon avis pertinent que vous souligniez les efforts de certains élus qui s’intéressent suffisamment à notre enjeu local pour venir nous écouter, le porter ensuite à l’Assemblée nationale et s’en inspirer pour tenter de changer les choses.

Sonia Chénier,
Co-porte-parole, QS Saint-Hyacinthe

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