22 juillet 2021
Annie Moniqui fière de sa « petite sœur »
Par: Maxime Prévost Durand

Annie Moniqui, Olympienne qui a représenté La Machine Rouge à Londres en 2012, savait déjà à l’époque que Tali Darsigny, qu’elle considère comme sa « petite sœur », lui succéderait un jour. Photo Olympique Canada

Lorsqu’Annie Moniqui a représenté le club La Machine Rouge aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, Tali Darsigny n’avait que 14 ans. Pourtant, on parlait déjà d’elle comme de celle qui allait un jour lui succéder. Aujourd’hui, l’ancienne Olympienne ne pourrait être plus fière de la voir réaliser ce rêve.
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« Dans mes débuts [avec le club], Tali avait huit ans environ. Je la considérais comme ma petite sœur. Je l’ai toujours portée sous mon aile. Je suis contente de voir qu’avec tous les efforts qu’elle a mis, ça porte ses fruits. Je sais les efforts que ça prend pour arriver là », souligne Annie Moniqui, en entrevue téléphonique avec LE COURRIER.

L’ex-haltérophile entretient d’ailleurs toujours un lien spécial avec Tali, même si elle s’est éloignée du sport depuis sa retraite en 2013. D’une certaine façon, Annie Moniqui se reconnaît en elle. D’autant plus que les deux compétitionnent dans la même catégorie de poids, à la différence que Tali lève dorénavant chez les 59 kg en raison des modifications apportées aux catégories dans les dernières années.

« Au-delà de l’athlète, Tali performe aussi dans ses études. C’est une personne à part entière, très dévouée, perfectionniste et qui performe bien dans tout ce qu’elle entreprend. C’est ce que je trouve bien dans le fait que ce soit elle qui me succède. C’est une personne comme moi, qui est terre à terre. Elle ne va pas se vanter de ses exploits », confie celle qui est aujourd’hui âgée de 31 ans.

La présence de Tali aux Jeux olympiques n’a évidemment rien de surprenant aux yeux d’Annie Moniqui, qui l’a toujours pressenti pour atteindre ces hauts niveaux. « Tali, c’est quelqu’un avec de la hargne, poursuit-elle. Quand elle veut quelque chose, elle va mettre tous les efforts pour y arriver. Déjà, toute petite, elle avait une belle technique et une belle force de caractère. On voyait qu’elle avait les qualités autant physiques que mentales pour y arriver. On savait qu’elle avait un potentiel énorme et ça fait juste se concrétiser. »

Quant à Rachel Lebanc-Bazinet, Annie Moniqui ne l’a jamais côtoyée puisqu’elle est arrivée avec La Machine Rouge environ deux ans après qu’elle ait pris sa retraite. Mais cela ne l’empêche pas d’avoir un grand respect pour ce qu’elle accomplira, à 32 ans, en participant à ses premiers Jeux olympiques. « C’est beau de voir qu’elle est capable d’y participer à son âge. Ça montre que c’est possible de performer même en étant plus âgé », affirme-t-elle.

Les deux représentantes du club maskoutain auront la chance de pouvoir compter sur la présence de leur entraîneur, Yvan Darsigny, avec elle à Tokyo cette année. Une opportunité dont n’avait pas pu profiter Annie Moniqui en 2012 à Londres.

« C’est sûr que c’est un plus d’avoir ton entraîneur qui te suit. Il est habitué de travailler avec toi. Il te connaît et vice versa. Si tu dérapes, que la tête ne marche plus, il est capable de te ramener », analyse l’ex-Olympienne, qui s’était classée au 16e rang et qui avait réussi de justesse son troisième et dernier essai à l’épaulé-jeté pour éviter de faire un zéro et d’être disqualifiée.

« Je connaissais très bien l’entraîneur qui était avec moi, Guy Marineau. Je n’aurais pas pu souhaiter un meilleur entraîneur à défaut d’avoir le mien, mais c’est sûr que j’aurais aimé avoir Yvan. Est-ce que ça aurait été différent? Probablement pas… ou peut-être, mais on ne le saura jamais! »

Aujourd’hui mère de trois enfants et fraîchement diplômée en ostéopathie, l’ex-haltérophile avait tiré sa révérence en 2013 en raison de blessures, mais aussi parce qu’elle souhaitait entamer un nouveau chapitre de sa vie : celui de fonder une famille. « Même si j’avais eu la médecine pour m’aider [à prolonger ma carrière], le processus aurait été le même, croit celle qui a longtemps cherché à trouver les causes de ses maux aux genoux. Je pense que mentalement, j’étais rendue au point de dire : j’arrête. »

Elle regardera néanmoins avec beaucoup d’attention et d’enthousiasme les performances de Tali, particulièrement, et de Rachel aux Jeux olympiques. Tout comme ses enfants. « Ils aiment beaucoup l’haltérophilie. Mes deux garçons, de 7 ans et 5 ans, quand il y a des compétitions d’haltérophilie, on met ça sur la grande télé et ils regardent Tali. Ils ont hâte de commencer à en faire. »

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