17 octobre 2019
Anonymus : trois décennies de métal… et de sacrifices
Par: Maxime Prévost Durand

Le groupe Anonymus sera de retour au Zaricot pour la première fois en plus de quatre ans samedi soir dans le cadre de sa tournée 30e anniversaire. Photo Sébastien Tacheron

Lorsqu’il est question de métal québécois (et francophone), Anonymus est sans doute l’un des noms qui viennent le plus rapidement en tête. Et pour cause, puisque le groupe célèbre cette année ses 30 ans d’existence. Trois décennies de métal dans le corps. Et surtout, beaucoup de sacrifices.

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Sacrifices, c’est d’ailleurs le titre de leur plus récent album, leur huitième en carrière, paru en début d’année. Parce que même si leur renommée n’est plus à faire sur la scène métal, tant ici qu’ailleurs, les gars d’Anonymus ne vivent pas pour autant de leur musique, même après toutes ces années. En fait, ils travaillent pour pouvoir vivre leur musique.

« Je travaille 40 heures par semaine, mais ma priorité est toujours restée musicale, mentionne le batteur du groupe, Carlos Araya, qui fait aussi partie de la formation BARF, notamment. Je suis très chanceux parce que les gens à mon travail comprennent ce que je fais. Ça fait d’ailleurs 20 ans que je travaille là. »

Fort de son nouvel album, Anonymus s’arrêtera à Saint-Hyacinthe samedi soir au Zaricot dans le cadre de sa tournée 30e anniversaire. Deux occasions en une de célébrer.

« L’emphase sera surtout mise sur le dernier album parce que ce qui est important pour nous, c’est la continuité, souligne Carlos Araya, dans un entretien téléphonique accordé au COURRIER. Oui, on compte 30 ans de carrière et ce n’est pas n’importe quoi, mais on dirait qu’on vivrait dans la nostalgie si on faisait juste les vieilles tounes. C’est juste la suite des choses. On aime ce qu’on fait et notre objectif est de continuer à faire de nouveaux albums. Ça fait en sorte que le show se renouvelle constamment. Mais, bien sûr, des vieux classiques font toujours partie du setlist. »

Après toutes ces années, c’est de cette façon que le groupe garde la flamme allumée : en regardant toujours vers l’avant. On le ressent notamment sur les derniers albums du groupe, où sa musique continue d’évoluer.

« On a déjà notre identité, mais chaque fois, on veut arriver avec quelque chose de plus solide encore, soutient le batteur. On ne veut pas se ramollir. Notre musique est même devenue plus agressive avec le temps. On est influencés par la musique plus abrasive comme le death metal et le hardcore. Ça nous permet de mettre une nouvelle touche à notre musique, ça donne un vent de fraîcheur à notre style trash metal. »

Pour les plus nostalgiques, Anonymus travaille également à offrir une nouvelle couleur à certaines vieilles chansons afin de mettre de l’avant leurs racines latines. « On est en train d’en traduire quelques-unes en espagnol pour voir ce qu’on peut faire avec ça. On va voir si on peut viser le marché hispanophone par la suite », poursuit Carlos Araya.

Pour son passage en sol maskoutain, Anonymus amènera avec lui le quintette Nova Spei, qui viendra présenter des chansons de son premier album éponyme en première partie. Le groupe, qui présente sa musique comme du « métal francophone lourd, rythmé, avec des textes intelligents laissant place à la réflexion », travaille présentement sur un second disque, dont le premier extrait devrait paraître prochainement.

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