28 juillet 2016
Premier Québécoisà remporter le maillot à pois
Antoine Ippersiel surprend au Tour de l’Abitibi
Par: Maxime Prévost Durand
Antoine Ippersiel a remporté le maillot à pois au Tour de l’Abitibi, en plus d’être élu coureur révélation de la 48e édition. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Antoine Ippersiel a remporté le maillot à pois au Tour de l’Abitibi, en plus d’être élu coureur révélation de la 48e édition. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le cycliste Antoine Ippersiel a causé une énorme surprise au Tour de l’Abitibi, tenu du 18 au 24 juillet, en raflant le maillot à pois remis au meilleur grimpeur. Il devenait ainsi le premier Québécois à remporter ce maillot depuis sa création en 2013.

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« Je suis super content, je ne pouvais pas demander mieux. Je me faisais raconter à quel point c’est difficile le Tour de l’Abitibi, que ça roule vite. Au départ, je voulais seulement finir le Tour dans les délais », a-t-il avoué lorsque rencontré par LE COURRIER au lendemain de son retour dans la région maskoutaine, mardi.

Le cycliste de 17 ans a devancé Hayden Strong de la Nouvelle-Zélande au classement « montagne », même si les deux avaient amassé autant de points. Ippersiel avait remporté deux des onze passages KOM (King of the Mountain ou « grand prix de la montagne », comme l’a traduit Antoine), tandis que Strong n’en avait remporté qu’un seul. Cette nuance a permis au Dyonisien de se retrouver seul au sommet du classement des grimpeurs. La dernière fois qu’un Québécois avait été sacré meilleur grimpeur au Tour de l’Abitibi, c’était Guillaume Koszegi en 1992 selon la liste officielle fournie par l’organisation.

Élu coureur révélation de cette 48e édition, Antoine Ippersiel n’était pas attendu comme un favori au maillot à pois, même s’il se dit un spécialiste en montagne. Se fondant dans la masse lors des quatre premières étapes, sa première expérience à ce rendez-vous international a pris une tournure inattendue lorsqu’il a remporté son premier KOM à la cinquième étape.

Malgré une chute avec une cinquantaine d’autres coureurs en début d’étape – une crevaison et une chaîne coincée en prime -, Ippersiel a réussi à remonter jusqu’au peloton de tête avant la fin de la course, remportant avec étonnement un premier KOM au passage.

C’est toutefois lors de la sixième étape que tout s’est joué pour lui, alors qu’il a remporté un autre KOM, en plus de cumuler de précieux points aux deux autres passages. Avec ces résultats, il prenait la tête du classement « montagne » pour le maillot à pois, une position qu’il a conservée au terme de la septième et dernière étape du Tour.

« Avec ce résultat, ça me fait un nom, estime le Dyonisien. C’est une des plus grosses courses au monde pour les juniors. »

Au classement général, il a terminé au 18e rang sur près de 100 cyclistes au terme des sept étapes. Il s’agit du deuxième meilleur résultat par un Québécois à ce 48e Tour de l’Abitibi, remporté par l’Américain Brandon A. McNulty. L’équipe Stingray / Trek / Lacasse, dont le Dyonisien défendait les couleurs, a quant à elle pris le 8e rang parmi 21 équipes. Au total, les cyclistes devaient parcourir plus de 600 km dans ce Tour.

Sortir de l’ombre

La performance réalisée par Antoine Ippersiel en Abitibi va tout droit au haut de la liste de ses plus grands accomplissements en cyclisme, sport qu’il pratique depuis cinq saisons. « Avant ça, le meilleur résultat que j’avais obtenu c’était une 2e place à une Coupe Québec, l’an dernier, alors que j’étais cadet », souligne-t-il.

Membre du sport-études à l’école secondaire De Mortagne à Boucherville ces deux dernières années, il s’est grandement développé grâce aux outils que lui ont fournis ses entraîneurs Vincent Hudon et Steve Cayer.

Cette saison plus que jamais, il en voit les bénéfices. Il a notamment connu du succès au championnat national junior avec une 21e place à l’épreuve de course sur route, en plus de prendre le 12e rang au critérium. Au cours de la prochaine fin de semaine, il tentera de poursuivre sur sa lancée en participant au championnat québécois élite de critérium.

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