1 juillet 2021
Appelez-la simplement Charlène
Par: Le Courrier

Fini les paillettes. Avec son EP alegria94, paru à la mi-juin, l’auteure-compositrice-interprète maskoutaine Charlène Blanchette marque un virage musical et même identitaire, avec une pop électro plus assumée et des textes plus matures qu’elle défend maintenant simplement sous le nom Charlēne.
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Quatre années se sont écoulées depuis la sortie de son précédent EP, Fossiles. La jeune adulte de l’époque s’est émancipée et ça s’entend sur cette nouvelle galette de cinq chansons, intitulée à partir de son vieux courriel qu’elle avait adolescente.

« Ça reflète mon évolution comme artiste, mais aussi en tant que femme », lance Charlēne en entrevue avec LE COURRIER.

Maintenant âgée de 26 ans, elle raconte avoir traversé une période de remise en question quant à la direction artistique qu’elle souhaitait prendre pour ce projet. Au final, elle a choisi de faire de la musique dans la même veine que celle qu’elle écoute, inspirée par ce qui se fait dans la pop anglophone et latino, notamment.

« J’ai aussi puisé dans la pop française et belge, dit-elle en citant Angèle comme influence. Ce n’est pas un son qui est trop présent au Québec encore, mais ça s’en vient. C’était important pour moi d’avoir des influences en français aussi pour la sonorité des mots. »

Le premier extrait, « Les frontières », une petite bombe pop parfaite pour l’été, démontre bien cette évolution, tout comme la très accrocheuse « tommytommytommy », une pièce à saveur hip-hop sur laquelle le rappeur Vendou ajoute sa touche. Amoureuse de l’espagnol, Charlēne intègre même un segment dans cette langue sur la pièce titre du EP, « alegria94 ».

« J’ai mis plein d’idées que j’avais en tête depuis longtemps dans ce EP », affirme la Maskoutaine, fière du résultat final.

« Je voulais faire de la pop sans que ce soit trop générique, en mettant de ma personnalité pour que les gens puissent s’attacher à moi », poursuit-elle.

Tant qu’à se dévoiler sous un nouveau jour sur le plan musical, Charlēne a décidé de faire en sorte que cela se reflète également dans son identité artistique. « Ça faisait longtemps que je pensais à enlever [Blanchette] dans mon nom d’artiste. J’ai commencé quand même jeune à faire de la musique, j’avais 15 ans quand je faisais mes premiers shows. Je faisais de la musique folk, alors Charlène Blanchette, ça fittait, mais je trouvais que ça me convenait moins maintenant », explique-t-elle, en ajoutant avoir changé l’accent aigu pour un macron sur le « e » de son nom par simple désir stylistique.

Cette liberté qu’elle se donne se reflète dans les thèmes de ses chansons, qui évoquent aussi les voyages et la féminité.

« Pour moi, la liberté est un sujet important, autant la liberté de choix, la liberté d’être soi-même et de s’assumer, que la liberté de faire ce qu’on veut. Je pense que je l’ai exprimé dans plusieurs chansons, soutient-elle. La femme émancipée, la femme forte, c’est un sujet qui me rejoint. La sensualité aussi. Ce n’est pas un discours politique en soi, mais c’est ma façon à moi de célébrer la femme dans son entièreté. »

Cela ne l’empêche pas de montrer sa vulnérabilité sur la dernière pièce du EP, intitulée « Parfaite ».

« Sur cette chanson, je ne parle pas de relation ni de voyage, mais plutôt de moi, de mon ego et de ma relation avec mon orgueil », affirme-t-elle au bout du fil.

Bien qu’alegria94 soit fraîchement sorti, Charlēne compte déjà plusieurs autres chansons écrites. Celles-ci pourraient être lancées sous la forme d’un autre EP plus tard cette année, possiblement à l’automne, avance-t-elle.

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