15 décembre 2011
Après Dion, Laplante
Par: Martin Bourassa

Même si c’est tentant, on ne présumera pas de la culpabilité de Paul Laplante. Il est innocent jusqu’à preuve du contraire.

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Même si c’est tentant, on ne présumera pas de la culpabilité de Paul Laplante. Il est innocent jusqu’à preuve du contraire.

Il n’en demeure pas moins que son arrestation, mardi matin, a fait grand bruit à Saint-Hyacinthe, tout particulièrement. Ici, il y a quatre ans que l’on s’interroge, que l’on spécule et que l’on commente à mots couverts chaque rebondissement de cette malheureuse et sordide affaire de meurtre. Depuis la découverte des restes de Mme Grégoire il y a trois semaines, l’espoir d’un dénouement rapide avait surgi.Que ce dernier arrive si vite est vu par plusieurs comme un véritable cadeau de Noël.Disons que cette arrestation n’a pas surpris grand monde. Accoler le mot « surprise » à cette nouvelle serait bien exagéré. Il faut dire que le principal intéressé n’a pas aidé sa cause ces dernières années, ni bénéficié d’un grand capital de sympathie.Dès l’annonce de la disparition de sa conjointe, il avait entre autres refusé d’accorder une entrevue au COURRIER, en affirmant qu’il n’en donnerait jamais tant que j’en serais rédacteur en chef. Au lieu de remuer ciel et terre pour retrouver sa conjointe, il refusait donc une entrevue au principal média de sa région, sous prétexte d’une couverture supposément biaisée de ses démêlés judiciaires passés avec sa famille.Disons que ce n’est pas le genre d’attitude à laquelle on aurait pu s’attendre d’un mari éploré, mari qui a ensuite mis la propriété familiale en vente et quitté la région.Il a aussi toujours refusé de se soumettre au test du polygraphe, ce qui pour plusieurs a été perçu comme un aveu de culpabilité. Puis, ces derniers mois, il a engagé un criminaliste comme conseiller juridique et relationniste auprès des médias.Et c’est sans parler de ses relations tendues avec les proches de la disparue, relations qui font d’ailleurs l’objet de procédures judiciaires pendantes.Comme nous l’écrivions il y a déjà près de 15 mois, il doit répondre à une accusation de harcèlement portée par un membre de la famille Grégoire. Mais l’accusation qui vient d’être déposée contre lui à Valleyfield n’a aucune commune mesure.On ne trouvera sans doute personne, pas même ses propres enfants, pour le plaindre.Disons que Paul Laplante n’était pas l’homme le plus sympathique en ville, ce qui n’est pas un crime faut-il préciser. Le terme intimidant, au sens propre et figuré, serait plus approprié, ce qui encore là n’est pas passible de prison. Mais le meurtre oui.L’accusation de meurtre au premier degré ouvre toute grande la porte à une peine d’emprisonnement à vie. Le procès de celui qui a été jadis maire de la petite municipalité de Saint-Liboire sera certes le plus suivi à Saint-Hyacinthe, depuis celui de Ghislain Dion, une autre « célébrité » de Saint-Liboire, condamné à la prison à vie en décembre 2007 pour le meurtre de son épouse. Un procès auquel Laplante avait lui-même assisté. De spectateur attentif au procès Dion, il sera maintenant aux premières loges pour le sien. Bien hâte de voir ce que ce procès nous réserve.

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