26 novembre 2015
Après l’horreur de la Syrie, le bonheur à Saint-Hyacinthe
Par: Jennifer Blanchette | Initiative de journalisme local | Le Courrier
Après l’horreur de la Syrie, le bonheur à Saint-Hyacinthe

Après l’horreur de la Syrie, le bonheur à Saint-Hyacinthe

Tout comme Akhlasse Hamdan, les réfugiés syriens qui s’établiront à Saint-Hyacinthe désirent avoir la chance de recommencer leur vie du bon pied. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Tout comme Akhlasse Hamdan, les réfugiés syriens qui s’établiront à Saint-Hyacinthe désirent avoir la chance de recommencer leur vie du bon pied. Photo François Larivière | Le Courrier ©

« La différence entre moi et un ­Québécois, c’est que j’ai vécu et fui les actes terroristes. C’est tout », lance Akhlasse Hamdan, une Syrienne devenue Maskoutaine qui encourage la population à accueillir chaudement les réfugiés dans leur ville plutôt que de se laisser prendre au jeu des préjugés envers son peuple.

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« J’avais une maison en Syrie, des amis, une famille. Pourquoi j’aurais voulu ­laisser tout cela? Chaque réfugié a ses ­raisons de venir ici, mais les Syriens qui laissent leur maison derrière eux pour ­aller vivre sous une tente dans un autre pays ne vont pas commettre des actes terroristes. Quand on les a vécus, on ne souhaite à personne de revivre le terrorisme », témoigne Mme Hamdan.

Cette enseignante syrienne devenue Maskoutaine d’adoption a vécu son lot de situations barbares dans son pays d’origine qui l’ont poussée à fuir.

Maison réquisitionnée par des ­terroristes, bombardements, exécutions sous ses yeux et explosion d’une voiture piégée ne sont que quelques-uns des actes terroristes dont a été témoin Mme Hamdan avant d’immigrer au Canada.

« C’est bien que le pays ouvre ses portes. Sinon, où vont-ils aller les ­immigrants? Si certaines personnes ­demeurent insensibles, on ne peut rien y faire. Mais, quand on va recevoir la ­première vague d’immigrants ici, on va comprendre qu’il faut les accueillir, car c’est un drame humain là-bas », souffle Mme Hamdan.

Elle reconnaît d’ailleurs que les processus d’évaluation des immigrants sont très longs et rigoureux. « On n’accueille pas n’importe qui ici », souligne-t-elle.

« Admirable à Saint-Hyacinthe »

Établie à Saint-Hyacinthe depuis quatre mois, en plus d’avoir passé une année à Montréal, Mme Hamdan est un bel exemple d’intégration réussie.

Après avoir quitté la Syrie pour la France afin de faire ses études supérieures en sciences politiques et communication, la dame de 36 ans a fait le saut au Canada une première fois où elle a obtenu sa carte de résidente permanente.

Puis, la guerre a éclaté en Syrie et elle est retournée dans son pays d’origine afin d’être avec ses proches. Elle y a vécu deux ans. « Je ne voulais pas m’en aller et ­laisser ma famille derrière. Un jour, mon père m’a dit : quitte le pays, va au Canada. Tu as la chance de le faire », raconte-t-elle.

Akhlass Hamdan a suivi le conseil de son paternel. Son mari et elle sont ­désormais propriétaires d’une résidence à Saint-Hyacinthe. Lui travaille chez ­Lassonde, tandis qu’elle est en recherche d’emploi pour l’instant.

« C’est beaucoup plus confortable à Saint-Hyacinthe qu’à Montréal. Je dirais même que c’est admirable ici. Les gens sont adorables. Ils comprennent que je recommence ma vie à zéro, que je ­reprends tout du départ. Ce n’est pas ­toujours évident de trouver du support, mais j’en ai trouvé à Saint-Hyacinthe », se réjouit-elle.

Grâce à son séjour dans l’Hexagone, Mme Hamdan parlait déjà bien le ­français à son arrivée au Québec, mais elle sait que ses pairs, qui parlent surtout arabe et anglais, bénéficieront du programme de francisation.

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