6 septembre 2018
Projet musical de Jean-Philippe Loignon
ARIMO, éclaté au deuxième degré
Par: Maxime Prévost Durand
Jean-Philippe Loignon (à l’avant-plan) crée toute la musique d’ARIMO chez lui. Son nouveau collaborateur, Félix Bouchard (à l’arrière-plan), s’occupera de l’aspect visuel du projet.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Jean-Philippe Loignon (à l’avant-plan) crée toute la musique d’ARIMO chez lui. Son nouveau collaborateur, Félix Bouchard (à l’arrière-plan), s’occupera de l’aspect visuel du projet. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Quelque part entre le funk, le disco futuriste et la pop, le tout mélangé avec des paroles à caractère humoristique, à la limite du malaise, ARIMO est un projet musical éclaté tout droit sorti de la tête du Maskoutain Jean-Philippe Loignon. Soyez avertis : il ne faut pas tout prendre au premier degré.

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Dans la vie de tous les jours, l’homme de 38 ans est éducateur spécialisé à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme, où il est aussi entraîneur de basketball – il a même été nommé entraîneur de l’année, tous sports confondus, au RSEQ Montérégie au printemps. Mais lorsqu’il rentre chez lui, sa deuxième vie commence : celle du musicien.
À partir de synthétiseurs ou de sa batterie, il crée dans son appartement toute la musique d’ARIMO. Il compte déjà à son actif un album complet, Cosmodôme, et deux EPs parus cette année, Exotica et Party d’gars.

Sa musique ne plaira certes pas à tous. Et surtout, elle ne s’applique pas à tous les contextes. « Des fois les gens découvrent que je fais de la musique et me disent “Tu devrais faire un show à l’école!” oume demandent de jouer à leur mariage. Ça paraît presque prétentieux de dire non, mais je leur explique que ma musique n’est pas exactement pour ce genre de monde. »

Il faut dire que la sexualité est souvent abordée dans les paroles d’ARIMO et la ligne entre l’humour et le malaise est souvent mince. « À la base, je n’aime pas écrire des paroles, avoue-t-il. Mais j’essaie d’aller où les autres ne vont pas, d’aborder d’une autre façon des sujets qui ont déjà été abordés, même si le résultat est un peu malaisant parfois. »

Son meilleur exemple est la chanson « Ma sexualité », où il se met dans la peau d’un gars dont les comportements sont plutôt douteux. « Si les gens la prennent au premier degré, ils vont être outrés et vont trouver que c’est très macho, mais la plupart comprennent que c’est juste un personnage. Je fais toujours confiance à l’intelligence des gens. »

Si le thème de la sexualité revient à quelques reprises dans la musique d’ARIMO, on y trouve aussi d’autres types de chanson. Sur son premier album, Cosmodôme, les références maskoutaines sont nombreuses, comme en témoignent les chansons « La douceur locale », inspirée du cocktail du même nom offert au Zaricot, et « Les Sœurs du Précieux-Sang ».

« Chaque fois que je passais devant la bâtisse des Sœurs du Précieux-Sang, je me disais qu’il pourrait sûrement y avoir des scènes de film d’horreur là-dedans. J’ai fait des recherches et ça me faisait peur pour vrai en voyant les photos de l’intérieur », dit-il en riant pour expliquer l’inspiration de cette dernière chanson.

Son amour pour la musique ne date pas d’hier. Il a été le tout premier employé engagé chez Fréquences Le Disquaire, au centre-ville de Saint-Hyacinthe, puis a toujours eu une curiosité musicale très développée. C’est d’ailleurs en fouillant dans des disques parfois obscurs qu’il trouve des mélodies qui inspirent ses chansons.
« La plupart du temps, je pars avec un élément d’une musique qui existe déjà, mais qui est assez rare et que personne ne connaît. Je le fais jouer en boucle jusqu’à ce que j’ajoute d’autres éléments par-dessus », soutient Jean-Philippe Loignon.

Avant de lancer le projet d’ARIMO, il a fait partie au milieu des années 2000 du groupe Les Robots de la rime, lequel a participé aux Francouvertes et aux Francofolies. Il a aussi produit de la musique instrumentale sous le nom L’Algorythme, dont deux chansons ont même été jouées à l’émission Tout le monde en parle au retour de pauses publicitaires. Puis, adolescent, il jouait de la batterie dans des groupes punk et rock.

ARIMO pour sa part continue de grandir. S’il s’agissait d’un projet solo au départ, il s’entoure de nouveaux collaborateurs pour le pousser un peu plus loin. Puisqu’il ne se considère pas comme un chanteur – il l’est devenu un peu malgré lui sur ce projet -, il a déniché une chanteuse pour l’accompagner sur les futures chansons qui paraîtront. Félix Bouchard s’est aussi joint au projet pour tout ce qui a trait au côté visuel, que ce soit en spectacle ou encore pour d’éventuels vidéoclips.

Pour l’instant, la musique d’ARIMO est uniquement disponible sur Bandcamp et le téléchargement est offert gratuitement. « Je ne fais pas une cenne avec ça, mais au moins ça diffuse la musique. De toute façon, je ne le fais pas pour l’argent », soutient-il. Il est tout de même possible de faire une contribution volontaire sur le site. 

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