4 avril 2013
Carte postale de Geneviève Leblanc
Au rythme de l’Indonésie
Par: Le Courrier

L’Indonésie est le plus grand archipel du monde. Ses 17 000 îles tracent en pointillé le chemin menant de l’Asie du Sud-Est à l’Australie. La carte aux trésors offre les paysages d’une robinsonnade, les temples et même les dragons à qui saura prendre le temps de vivre au rythme de ses habitants.

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Tout juste de retour d’un an autour du monde, Geneviève Leblanc raconte un voyage dépaysant sous les chaudes températures de l’Indonésie, en attendant l’été avec impatience.

Après ses études secondaires au Collège Saint-Maurice, Geneviève a complété sa formation technique en soins infirmiers au Cégep de Saint-Hyacinthe, puis décroché son baccalauréat à l’Université Laval. Grâce à une agence de recrutement international de professionnels de la santé, elle a obtenu un travail en Suisse, où elle a vécu deux ans avant de s’engager dans un « presque tour du monde » avec son copain français et des amis suisses et québécois. « On a entendu parler des billets d’avion « tour du monde », qui permettent des escales sur plusieurs continents pendant un an. Puisque mon copain a un cousin en Indonésie, on s’est dit que c’était l’occasion d’en profiter. » Résultat, la bande d’amis a passé un mois en Indonésie, huit mois en Australie et un mois en Nouvelle-Zélande avant de se reposer un peu (!) aux îles Fidji et à Hawaï. De retour au Québec depuis deux mois, Geneviève a repris son emploi à l’Hôpital Honoré-Mercier et se remet tranquillement d’une année qu’elle n’est pas prête d’oublier. « On a appris à vivre à un autre rythme. Quand je suis revenue, je trouvais le monde vraiment stressé autour de moi, mais au fond j’étais pareil il n’y a pas si longtemps. C’est en Indonésie que j’ai vraiment décroché. C’est un endroit magnifique, où nous voulons absolument retourner. »

D’une île à l’autre

Le séjour de Geneviève s’est entamé à Bali, île cosmopolite où l’on retrouve des lieux communs comme les McDonalds et les boutiques de vêtements connues, mais qui lui a quand même fait vivre un premier dépaysement. L’île de Bali est reconnue pour faire la fête et profiter des plus belles vagues sur les planches.

Mais c’est vraiment en sortant de la région métropolitaine et en allant à la rencontre des locaux que la vie en Indonésie a pris tout son sens. Sur l’île de Java, plus au Nord, les temples de Prambanan et Borobudur méritent le détour. Ces hauts lieux de méditation offrent un paysage impressionnant depuis qu’un tremblement de terre a laissé sa marque. « Ils sont en train de reconstruire, mais ça ressemble à un gros casse-tête, avec des pièces étendues partout devant nous. Ça vaut néanmoins le détour, pour voir les temples qui sont encore debout et les bouddhas géants », assure Geneviève. La région est aussi un lieu idéal pour la randonnée, plus près du volcan Bromo et des lacs qui l’entourent, chauffés par géothermie. « C’est un volcan actif, qu’on voyait boucaner. Ça vient avec sa part de risques. En Asie, il n’y a pas vraiment de sécurité, ce qui contribue au dépaysement. Il n’y a pas vraiment de loi. Chaque personne crée sa propre structure et tu dois entrer dans cette culture-là pour vraiment apprécier ton voyage. C’est complètement différent de l’Occident, où tout est encadré. » Plus au sud, sur les îles Gili, le voyage s’est transformé en aventure. « Nous y sommes allés pour suivre nos cours de plongée sous-marine. C’était magnifique. On a nagé avec les tortues, on a vu des épaves. Et on a rencontré la vraie population du pays, celle qui est tellement relaxe et qui devient tout de suite ton amie. » Et Geneviève insiste : ça vaut le coup de se faire des amis locaux, qui sauront vous apprendre le rythme de la vie… et vous faire sauver beaucoup d’argent en vous apprenant à négocier! « En Indonésie, tout se négocie. Au début, tu as toujours l’impression de te faire avoir. Mais quand tu embarques dans le jeu, tu peux facilement couper les prix de moitié. On a même négocié des billets d’avion! » Autre fait à noter, les plages de l’Indonésie sont plus accueillantes que celles de l’Australie, où les crocodiles et les requins n’apprécient guère la visite des baigneurs. Prêts à visiter les plus beaux sites de plongées, Geneviève et ses amis se sont ensuite rendus à l’île de Flores, là où un cousin de la famille possède un bateau de croisière. (piratesbaycruising.com, pour les curieux). « C’est la région idéale pour voir la nature, mais ça prend un bon capitaine pour aller se promener entre les îles puisque l’archipel du Komodo est à la frontière des océans Indien et Pacifique. Les forts courants peuvent parfois jouer des tours. » Le cousin étant occupé avec des clients, c’est à bord d’un bateau de pêche que le petit groupe a vogué pendant trois jours d’une île à l’autre. Ils ont admiré les raies manta, qui font jusqu’à six mètres de large, dans l’eau claire de l’océan. Ils ont visité les dragons de Komodo, ces lézards géants qui font jusqu’à trois mètres de long. Et ils ont aussi profité des plus belles plages du pays. À bord, ils ont mangé le produit de la pêche du jour, veillé à la chandelle sans électricité et dormi à la belle étoile. « C’est là que j’ai décroché et que j’ai commencé à apprécier le voyage. Au début, je n’aimais pas vraiment l’Indonésie, parce que tout me semblait désorganisé et sans horaire. J’avais l’impression qu’on ne pouvait pas voir et faire ce qu’on voulait à cause des gens. Ils prennent le temps de se parler, de se connaître, pendant que nous on voudrait courir partout. Mais une fois qu’on comprend comment les gens pensent et vivent sans courir après le temps, c’est le paradis. »

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