14 mai 2015
Au train où vont les choses
Par: Christian Vanasse
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Des kilomètres de wagons-citernes noirs traversent la ville et bloquent­ ­l’autoroute de temps en temps. De plus en plus souvent s’inquiètent certains. Et ils sont de plus en plus nombreux, car la même situation se produit ailleurs.

Au pont Champlain en pleine heure de pointe, ils passent devant d’immobiles automobiles qui ragent au ralenti.

En fait, les compagnies propriétaires des rails n’ont rien à faire des automobilistes. Ni des usagers du train d’ailleurs. Eux, c’est du pétrole qu’ils transportent. C’est là, la véritable priorité pour ­laquelle tous les autres doivent ralentir.

Les wagons passent et outrepassent en tout temps à coups de droits acquis et de droits aériens à faire tomber à ­genoux des ministères des Transports. Habituez-vous. Il y en a bien d’autres et des plus longs qui attendent leur tour en gare.

L’élection du NPD en Alberta n’y ­changera rien. Orange is the new black, dit-on en blague dans la contrée de ­Stephen. Le pétrole fait son chemin vers les marchés extérieurs en mettant sur la voie d’accotement tous les projets de transport en commun et de trains de banlieue possibles. Certains se ­demandent alors s’il ne faudrait pas ­carrément oublier le rêve d’être passager de train et revenir au char… et être ainsi encore plus nombreux à regarder passer plus de pétrole aller remplir d’autres automobiles qui viendront ­regarder passer d’autres trains remplis de pétrole aller remplir d’autres automobiles… Bref. Tant qu’on ne mettra pas les bonnes choses sur les bonnes tracks… on va un peu tourner en rond.

Ah ben. J��apprends à l’instant que le projet de train de banlieue vers Saint-Hyacinthe est mort et enterré. Sûrement une coïncidence.

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