20 novembre 2014
Autopsie d’un échec
Par: Martin Bourassa
Publicité
Activer le son

Le rendez-vous des Papilles ne devrait pas voir le soleil se lever sur une douzième édition l’an prochain. Son conseil d’administration a fait savoir ces derniers jours que le statu quo n’était plus possible et que son retour sous sa forme habituelle n’était pas souhaitable.

Cette activité peut-elle se réinventer et trouver une autre façon de promouvoir le visage agroalimentaire de Saint-Hyacinthe? La question à notre avis n’est pas tant de savoir si elle peut le faire que de savoir si elle doit le faire.

Car de toute évidence, ils seront peu nombreux à pleurer sa disparition. Du côté de la Ville de Saint-Hyacinthe et de la MRC, on a toujours senti, dans l’ensemble, peu d’intérêt et d’enthousiasme à soutenir ce rendez-vous gourmand.

Même indifférence du côté des marchands du centre-ville qui n’ont jamais embarqué dans cette fête populaire organisée au coeur du Marché public, au point de provoquer son déménagement forcé au parc Casimir-Dessaulles.

On a aussi commis des erreurs monumentales en cours de route.

Pensons à l’absence de stabilité à la direction générale et à la décision saugrenue de se doter d’une permanence pour voir à l’organisation d’une activité extérieure échelonnée sur un seul week-end dans l’année. Et que dire de la décision d’investir des dizaines de milliers de dollars dans deux études visant la production d’un spectacle signature à grand déploiement qui n’aura jamais vu le jour.

Pensons à l’absence de stabilité à la direction générale et à la décision saugrenue de se doter d’une permanence pour voir à l’organisation d’une activité extérieure échelonnée sur un seul week-end dans l’année. Et que dire de la décision d’investir des dizaines de milliers de dollars dans deux études visant la production d’un spectacle signature à grand déploiement qui n’aura jamais vu le jour.

Le fait de confier l’organisation de la dernière édition à la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains demeure encore discutable. Elle n’avait pas l’expertise requise et encore moins les moyens d’éviter le prévisible naufrage.

Il aurait sans doute été plus pertinent de se tourner du côté du Bureau de tourisme et des congrès pour trouver une certaine expertise dans l’organisation d’événements touristiques, dans la mesure où le personnel doit avoir un peu de temps libre depuis la fermeture de l’Hôtel des Seigneurs et de son centre de congrès.

Le fait de sous-traiter cette activité n’aura surtout servi qu’à embrouiller les relations entre la Chambre et le conseil d’administration des Papilles, un CA devenu par la force des choses bien inutile. Enfin, l’impopulaire décision d’imposer des frais à l’entrée du parc pour la dernière édition aura été le dernier clou dans le cercueil d’un événement qui n’aura même pas réussi à intéresser 5 000 visiteurs.

Donc la question se pose : faut-il sauver à tout prix les Papilles? Non, dans la mesure où le volet de la promotion agroalimentaire de Saint-Hyacinthe est déjà assuré par l’Expo de Saint-Hyacinthe qui fait la part belle aux artisans, aux produits du terroir et aux dégustations avec ses 200 000 visiteurs annoncés bon an, mal an.

Si la Ville souhaite simplement attirer plus de monde chez nous, elle n’a qu’à bonifier le budget des Beaux mardis de Casimir et prolonger le plaisir d’unmardi ou deux.

Pour moins cher et beaucoup moins de trouble, elle pourra certainement attirer plus de monde en ville et au parc Casimir-Dessaulles que les Papilles.

image