1 mars 2018
Loisirs
Autre maire, autres mœurs
Par: Martin Bourassa

Difficile, voire impossible, d’être contre la construction d’un centre d’activité physique pour les 50 ans et plus sur le terrain des Loisirs Notre-Dame à Saint-Hyacinthe. Dans la mesure où la population maskoutaine est déjà vieille et vieillissante et à la vitesse à laquelle poussent les projets de complexes résidentiels pour retraités actifs chez nous, la clientèle attirée par ce type d’établissement n’ira pas en diminuant.

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On peut certes parler d’un succès assuré. Et ceux qui connaissent le site des Loisirs Notre-Dame conviendront que l’endroit a un urgent besoin d’amour. Situé en face de L’Escale, le complexe locatif pour aînés de l’Office municipal d’habitation, l’endroit ne paie pas de mine. Ce n’est pas d’hier que la conseillère du district, Nicole Dion Audette, réclame des investissements majeurs à cet endroit, elle qui a vu l’ensemble des bâtiments de loisirs de quartier être revampés avant le sien. Son tour s’en vient.

Si la Ville de Saint-Hyacinthe avait un tel projet de centre d’activités pour aînés dans ses cartons, l’émergence d’un programme de subventions provincial doté d’une enveloppe de 100 M$ vient soudainement le rendre plus concret que jamais.

Quand on consulte le plan triennal d’investissements 2018-2020, on retrouve en effet la trace d’un tel centre d’activités pour l’année 2019. On prévoyait y consacrer 5,7 M$, ce qui est en passant plus que deux fois la somme qui a été investie dans la construction du centre de loisirs Saint-Joseph (2,3 M$) et du centre de loisirs Douville (2,4 M$). Or, au moment de formuler sa demande de subvention, la Ville a réajusté le tir… et ses chiffres. On a ramené l’âge de la clientèle visée de 55 à 50 ans et la valeur du projet est aussi passée d’un budget de 5,7 M$ à 7,8 M$, sans qu’on prenne la peine de nous expliquer le pourquoi du comment.

Est-ce la possibilité d’obtenir une subvention équivalente à 50 % de la valeur des investissements qui nous incite à peser sur le crayon? Disons qu’une ventilation des travaux aurait été la bienvenue. Mais que l’on parle d’une facture de 5,7 M$ ou de 7,8 M$, c’est un investissement considérable dans les deux cas. Surtout pour une bâtisse qui doit accueillir principalement 10 allées de pétanque, un gymnase et une salle communautaire. Aménager des terrains de pétanque ne coûte sûrement pas les yeux de la tête si on considère qu’il y a quelques années à peine, on envisageait d’installer un boulodrome au sous-sol de l’église Sacré-Cœur. C’était avant sa démolition, sous le règne de l’ancien maire Claude Bernier. Ceux qui ont la mémoire longue se souviendront que c’est pendant les années Bernier, il y a de ça 10 ans à peine, que le conseil du moment avait refusé d’investir 5 M$ dans la reconstruction d’un chalet des Salines, un équipement qui allait pourtant profiter à une clientèle de 0 à 99 ans.

Autre maire, autre conseil, autres mœurs.

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