29 octobre 2020
Avoir plus d’un 33 tours dans son sac
Par: Maxime Prévost Durand

Malgré le contexte de pandémie, le Marché du disque est en mode expansion aux Galeries St-Hyacinthe. Dans les dernières semaines, sa gestionnaire, Jasmine Grenier, a travaillé sans relâche à l’aménagement d’une nouvelle section entièrement dédiée au vinyle usagé dans un local adjacent. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Reculons de quelques années. Qui aurait pu dire que le vinyle, cet objet rétro qui connaît un retour en force, allait mener à l’agrandissement de la superficie d’un disquaire. Et en pleine période de pandémie, de surcroît. Pourtant, c’est le tour de force que vient de réaliser le Marché du disque aux Galeries St-Hyacinthe.

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Pendant que les fermetures s’accumulent parmi les commerces du centre commercial maskoutain en raison des contrecoups de la pandémie, quelques histoires heureuses ressortent tout de même et celle du Marché du disque en est un bel exemple. Dans les dernières semaines, le disquaire indépendant a aménagé une section entièrement dédiée aux vinyles usagés dans un local adjacent au sien qui était vacant depuis quelques mois. On y retrouve au-delà de 20 000 disques 33 tours en tout genre, allant du francophone au rock anglophone, en passant par le jazz, le classique et les bandes sonores.

Le regain de popularité du vinyle ces dernières années a permis au Marché du disque de développer une vaste sélection de 33 tours usagés. Voyant l’intérêt de sa clientèle pour cet objet rétro, le disquaire indépendant a voulu pousser ce créneau à son plein potentiel avec cette nouvelle section plus vaste qui est maintenant accessible à la clientèle.

C’est aussi qu’avec plus de 50 000 vinyles en entrepôt, un choix s’imposait. « Soit on les mettait aux poubelles, soit on louait un nouvel espace [aux Galeries] pour les amener et essayer de les vendre », raconte Jasmine Grenier, gestionnaire au Marché du disque.

« Quand j’ai vu que le local à côté était devenu vide et qu’il ne se louait pas, je me suis dit que c’était le temps », poursuit-elle.

L’idée avait cheminé avant la pandémie et elle a pu se concrétiser malgré le contexte particulier que l’on traverse.

« Si le magasin était resté fermé plus longtemps, on n’aurait pas pu le faire », concède Mme Grenier, bien heureuse de ne pas avoir eu à changer le plan.

Un retour surprenant

Il n’y a que deux ans environ que les premiers vinyles usagés sont rentrés au Marché du disque. Une petite section tout au fond du magasin a donné le ton et a constamment grandi depuis.

« C’est juste surprenant de voir le retour du vinyle. On n’a pas vraiment d’explication pour ça », mentionne la gestionnaire du disquaire maskoutain.

L’expérience est toutefois différente pour celui qui l’écoute, convient-elle. « Un CD, les gens vont s’affairer à d’autres choses pendant qu’il joue, tandis que le vinyle, il y a plus un rituel de regarder la pochette et de s’assoir pour l’écouter. »

Elle s’étonne aussi de constater que tous les styles sont achetés. « Le rock, on était certains que ça allait se vendre sans problème, mais on vend vraiment de tout. Le country en français, par exemple, on ne pensait pas que ça allait se vendre autant. »

Le retour du vinyle, autant dans le neuf que dans l’usagé, a permis au magasin des Galeries St-Hyacinthe de diversifier un peu plus son offre, lui qui comptait déjà une grande sélection de disques compacts, neufs et usagés, puis de films. Récemment, des livres usagés ont aussi fait leur entrée.

« Ça a amené un plus au magasin, un gros plus, souligne Mme Grenier à propos du vinyle. Ça nous a amené une nouvelle clientèle aussi. »

Le CD neuf demeure le principal vendeur du Marché du disque, avec une part de 60 % des ventes, mais le vinyle se vend toujours un peu plus chaque mois depuis qu’il a fait son entrée au magasin.

Avec encore quelque 40 000 vinyles usagés à l’entrepôt, des nouveautés continueront d’arriver dans les bacs chaque semaine… tant qu’il y aura de la place!

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