27 juillet 2017
Ayez le courage politique de la démocratie
Par: Le Courrier

Monsieur le maire,
Sachez que 50 % de la population ayant voté lors de la dernière élection municipale dans Saint-Hyacinthe vous a choisi pour y être maire. Cela est le reflet d’une certaine confiance que les gens ont manifestée à votre égard. Bien que nous soyons dans une démocratie de type représentative, cela ne veut pas dire que les citoyens et les citoyennes donnent carte blanche aux élus dans toutes les décisions qui les concernent.
Quand des décisions qualifiées d’importantes expulsent des gens de leur logement et enlèvent des cases de stationnement au centre-ville, quand des dizaines de millions de dollars sont en jeu pour la construction de salles qui seront ensuite léguées au privé, quand des usines polluent un parc, quand la serveuse n’a pas d’autobus à 6 h le matin pour le travail et quand flusher l’eau tue les poissons, ce n’est pas le temps de tenter de les noyer. Chaque décision affecte directement la qualité de vie des gens.
Or, plusieurs de celles qui ont été annoncées ces dernières années semblent sortir tout droit d’un modèle d’affaires passéiste poussé par les représentants du marché cherchant à s’accaparer une part de la santé, de la justice, de l’éducation, de l’alimentation, de la rivière et ses poissons, de l’eau, d’un peu de soleil sur notre visage en marchant au centre-ville, d’un espace… d’une part de ce que nous appelons : le bien commun. Peut-être n’êtes-vous pas d’accord avec cette définition, mais les « lois économiques » n’ont pas de privilège absolu sur l’importance des êtres humains et de l’environnement qui les fait vivre.
Quand le côté cavalier des prises de décisions prend le dessus sur l’écoute des besoins des citoyens et citoyennes du centre-ville, quand une offre de consultation résulte en une séance interminable de deux heures d’informations à sens unique annonçant des choses apparemment non refusables car « avons-nous le luxe de refuser une pareille offre? », sommes-nous toujours en démocratie?
Une citoyenne habitant le centre-ville s’est exprimée au sujet du projet Réseau Sélection lors de la conférence de presse du 13 juin dernier. Elle en est au début de son questionnement, puisqu’il semble qu’elle soit devant un fait accompli comme les trente à quarante personnes présentes. Mais quelle urgence commande que l’on procède de cette façon? Pendant que des gens se réjouissent que le gouvernement provincial abolisse les référendums municipaux, l’écoute envers les entreprises est toute grande…
Peut-être faut-il changer cela et écouter les citoyens et citoyennes avant les dits projets ou les soi-disant urgentes décisions négociées sur trois années! L’urgence actuelle semble être de prendre la direction suivante : mettre le projet Réseau Sélection sur la glace, organiser la mise sur pied d’un comité de réflexion et de consultation permanent du développement de la ville qui inclut minimalement 50 % de citoyens et citoyennes résidents. Par la suite, une consultation citoyenne sur les grands projets viendrait assurer l’acceptabilité sociale.
Ayez, monsieur le maire, ce courage politique de la démocratie. Les citoyens de la ville savent qu’il y a des besoins, c’est simplement dans la manière et les solutions que cela pourrait changer pour le mieux, ils et elles vous en remercieront!

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