19 novembre 2020
Embauches à la Ville
Barré déstabilise ses collègues
Par: Rémi Léonard

Même au moment de voter, une certaine confusion régnait au conseil quant à la proposition de M. Barré concernant les embauches à la Ville. Capture d’écran | NousTv Saint-Hyacinthe

Tenant mordicus à donner un coup de pouce aux candidatures locales dans les embauches réalisées par la Ville de Saint-Hyacinthe, le conseiller Bernard Barré est revenu à la charge ce lundi et a bien failli faire accepter par ses collègues une disposition allant dans cette direction.

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Cette fois, il a pris comme angle d’attaque la « connaissance du milieu » plutôt que le lieu de résidence des candidats potentiels. « Je veux qu’il y ait un ajout dès ce soir », a-t-il affirmé en faisant inscrire ce point à l’ordre du jour au début de la séance, prenant de surprise certains collègues. Sa proposition était d’inclure dans la politique de recrutement de la Ville la connaissance du milieu comme un « critère de sélection à considérer » au moment de départager des candidats.

L’idée avait par ailleurs été évoquée dans nos pages précédemment. Pour convaincre ses collègues, l’élu de La Providence a rapporté que c’est le directeur général de la Municipalité qui avait soumis une telle suggestion, alors qu’elle a tout simplement été évoquée par LE COURRIER comme une façon de concilier les parties respectives, après le débat survenu au conseil il y a deux semaines. On voit mal comment une connaissance, quelle qu’elle soit, pourrait être considérée comme discriminatoire dans la sélection d’un candidat.

Toute la confusion entourant cette procédure semble toutefois avoir eu raison de la suggestion du conseiller Barré. À l’issue d’un vote extrêmement serré, elle a finalement été rejetée. Stéphanie Messier, David Bousquet, Donald Côté et Jeannot Caron ont voté contre (4) alors que Bernard Barré, Linda Roy, Claire Gagné, Pierre Thériault et André Beauregard (5) l’ont appuyée. Annie Pelletier était absente.

Le maire a toutefois ajouté sa voix pour rejeter la résolution, chose rarissime au conseil municipal, mais bel et bien permise par la loi. « Je veux qu’on en parle en plénière », a-t-il expliqué, alors que plusieurs conseillers semblaient en effet hésitants à en débattre lundi soir devant les caméras, davantage habitués à voter à l’unanimité des résolutions convenues d’avance.

La conseillère Stéphanie Messier a par ailleurs indiqué qu’elle préférait obtenir un avis juridique avant de se prononcer. Elle a aussi affirmé vouloir revoir l’ensemble de la politique de recrutement par la même occasion, ce que quelques collègues ont également soutenu.

M. Barré a tenté de faire valoir que l’ajout qu’il proposait n’empêchait en rien une révision ultérieure, mais sans succès. De toute manière, c’est le maire qui a tranché dans ce dossier.

Il ne pourrait toutefois s’agir que d’une partie remise pour M. Barré puisque son idée a visiblement fait du chemin. « Je n’en ai pas contre votre proposition, je la trouve même excellente », a en effet ajouté le maire avant de passer au prochain sujet. La question risque donc de revenir plus tôt que tard au conseil, cette fois de manière un peu plus concertée.

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