22 novembre 2012
Tempête au conseil
Barré fustige Bousquet
Par: Le Courrier

Le conseiller du district La Providence, Bernard Barré, s’est vidé le coeur à la séance du conseil de lundi en s’en prenant à son collègue, David Bousquet, l’accusant d’être celui qui répand dans les médias les secrets du conseil.

« M. le maire, je vais prendre quelques minutes pour parler d’un malaise qui existe au sein du conseil depuis trois ans. On est tous malheureux de ça, on n’en parle pas trop entre nous autres, on vit avec », a-t-il déclaré, d’entrée de jeu, avant d’en venir, petit à petit, au vif du sujet qu’il voulait aborder en public.

Il a expliqué que le maire, Claude Bernier, avait en quelque sorte abordé la question en parlant récemment des conseils qu’il avait dirigés durant ses 20 ans à la mairie et de la discrétion dont il s’est toujours attendu de ses conseillers. « Nous finalement, c’est un conseil un peu panier percé », a-t-il poursuivi.Il a affirmé qu’il arrivait souvent que des renseignements transmis au conseil en comité plénier se retrouvent le jeudi dans LE COURRIER. « Des fois, c’est mot à mot, tabarnouche. On est conscient qu’on est infiltré. Y’a-tu des micros du Courrier? S’il n’y a pas de micros, y’a un père Ovide », a-t-il lancé.C’est en parlant du dossier des arénas et du non-respect d’un embargo qui devait précéder le point de presse du 31 octobre sur le projet du groupe Syscomax que Bernard Barré s’en est pris directement à David Bousquet, affirmant qu’il avait diffusé toute l’information sur Facebook avant la conférence de presse.« On l’a notre père Ovide! Là, il est en train de scraper toute sa crédibilité. Il est allé s’afficher sur Facebook avec toute l’information. (…). C’est aussi un manque de respect envers vous, M. le maire », a renchéri le conseiller Barré.Il a laissé entendre que devant des investisseurs comme Syscomax, la Ville se devait de dérouler le tapis rouge et agir avec délicatesse. « S’ils deviennent frileux et qu’ils pensent qu’on est une gang de ti-counes, ils vont aller investir ailleurs. David Bousquet a travaillé contre l’intérêt des bailleurs (sic) de taxes. Qu’il nous dise à quel jeu il joue et qu’il explique l’inexplicable », a-t-il ajouté.Après avoir écouté sans broncher les accusations et les moqueries du conseiller Barré, David Bousquet a répliqué tant bien que mal, reconnaissant d’abord que quelque chose n’allait pas au conseil. « M. Barré a décidé de faire mon procès ce soir et j’en suis très désolé. Oui, comme lui, je reconnais qu’un malaise existe. Depuis longtemps, on me soupçonne (…) Je suis le bouc-émissaire de toutes ces fuites-là. « Mais je ne suis pas ce personnage-là », a-t-il affirmé, s’estimant injustement accusé. « Ma seule erreur, c’est de ne pas avoir su qu’il y avait un embargo », a-t-il dit.Ébranlé par cette affaire, David Bousquet a publié mardi un communiqué dans lequel il affirme qu’il existe des problèmes de communication au conseil, « des problèmes causés en grande partie par de mauvaises stratégies et un contrôle abusif de l’information. Il reste que l’attaque de Bernard Barré n’était que purement personnelle et partisane. À un an des élections municipales, mon collègue de La Providence a choisi de sortir des gants de boxe et de dénigrer publiquement la qualité de mon travail ainsi que ma réputation à l’aide d’allégations non fondées », déclare-t-il.

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