21 novembre 2013
Nominations aux comités
Barré s’en prend au maire Corbeil
Par: Le Courrier

L’affaire est entendue : iI n’y aura pas de lune de miel entre le nouveau maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, et le doyen chez les conseillers, Bernard Barré.

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Très mécontent d’avoir perdu des responsabilités auxquelles il tenait, le représentant du district La Providence s’est levé lundi soir pour critiquer longuement, et sans ménagement, les choix du maire Corbeil, et cela à la toute première séance publique du nouveau conseil.

« Je suis très déçu de votre façon de procéder. C’est un manque de respect par rapport à moi », a déclaré le conseiller Barré, après avoir annoncé qu’il allait voter contre les nominations des représentants du conseil aux divers comités municipaux, de même qu’auprès des organismes liés à la Ville.Avant les élections, Bernard Barré agissait comme substitut du maire Bernier au conseil de la MRC des Maskoutains, de même qu’à la table du Conseil intermunicipal de transport de la Vallée du Richelieu (CITVR). Or, le maire Corbeil, même en sachant que M. Barré voulait conserver ces postes, a plutôt décidé d’affecter Donald Côté (MRC) et Brigitte Sansoucy (CITVR) à ces tâches.Outré, Bernard Barré a affirmé qu’il n’avait jamais vécu pareille situation, ni durant le règne de Claude Bernier, ni du temps où il siégeait avec le maire Clément Rhéaume. « C’est la première fois qu’un conseiller se fait enlever un comité sans son consentement », a-t-il affirmé.Il a fait remarquer que le nouveau conseiller de Saint-Thomas-d’Aquin, Jacques Denis, avait tout de suite obtenu ce qu’il désirait, c’est-à-dire le dossier des pistes cyclables, puisqu’il siégera au nouveau comité consultatif en transport actif. « Ça fait trois jours qu’il est là. Moi, ça fait 25 ans. »M. Barré a rappelé qu’il était devenu le substitut à la MRC en 2000, après la destitution de Claude Bernier comme préfet, à la suite d’un putsch des maires, selon ses dires. Avant cela, c’était lui qui représentait Saint-Hyacinthe à la MRC. Il affirme avoir toujours tenu tête aux maires du secteur rural dans les gros dossiers, comme ceux des services de loisir et du partage des coûts pour les infrastructures supra locales. « Moi, j’ai toujours fait mon travail (à la MRC) dans des situations difficiles. J’ai toujours défendu les intérêts des citoyens de Saint-Hyacinthe de toutes mes forces », a-t-il soutenu.Il a aussi raconté qu’en 2002, les maires de la MRC avaient tenté en vain de faire désigner un autre représentant à sa place. « Là, le putsch est complété, 13 ans plus tard. Ils seront contents (les maires) de ne plus me voir la face », a-t-il lancé. Il a accusé Claude Corbeil d’avoir cédé aux pressions des maires en le retirant du poste de substitut à la MRC pour le confier au représentant du district Sainte-Rosalie, ce que le maire Corbeil a catégoriquement nié.À propos du CITVR, qui organise le transport collectif par autobus, M. Barré a admis qu’il n’y a pas siégé souvent puisque M. Bernier assistait toujours à ces réunions. « Vous, c’est vrai, vous êtes « monsieur train de banlieue ». (…) Tout le monde a pris conscience du coût astronomique du train de banlieue. Il y a eu une étude et j’ai les résultats de ça. (…) La Chambre de commerce s’est tirée dans le pied (dans le dossier du train) », a-t-il ajouté, vidant ainsi son sac à propos d’un des sujets chauds à la Ville de Saint-Hyacinthe.Le maire Corbeil l’a écouté avec patience et sans broncher, l’invitant seulement à conclure vers la fin, ce que le conseiller Barré a fait durant encore plusieurs minutes avant de se rasseoir. « M. Barré, j’espère que ça vous a fait du bien. Comme vous l’avez dit, j’ai été élu et la majorité m’a appuyé. J’ai dit que j’avais dans mes priorités de travailler plus au niveau régional, plus avec la MRC, et qu’il était clair que je voulais faire des changements. (…). Les nominations sur les comités, c’est la prérogative du maire », lui a-t-il répondu.Il a expliqué qu’avant de procéder à ces nominations, il avait consulté chacun des membres du conseil, lui téléphonant en premier parce qu’il est le conseiller qui a le plus d’ancienneté. « Moi, j’ai décidé de bâtir sur de nouvelles bases, et ce n’est pas parce que je n’ai pas confiance en vous. (…) Mon objectif est de prendre les meilleures décisions. J’espère que nous pourrons travailler ensemble, parce qu’il y a de gros défis », a conclu à son tour Claude Corbeil.Quant à Bernard Barré, il devra se contenter de siéger au comité de toponymie, au sous-comité sport, au conseil de la Régie intermunicipale d’Acton et des Maskoutains et sera substitut au comité consultatif d’urbanisme, de même qu’au comité de démolition.

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