5 novembre 2020
Jérôme Desrosiers aux États-Unis
Basket, pandémie et élections américaines
Par: Maxime Prévost Durand

Après avoir vu la dernière saison prendre fin abruptement avec les Tigers de l’Université Princeton, dans la NCAA, Jérôme Desrosiers a tout de même choisi de rester aux États-Unis durant la pandémie. Photo gracieuseté

Depuis le début de la pandémie, le Maskoutain Jérôme Desrosiers est toujours demeuré aux États-Unis, où il étudie à l’Université de Princeton en plus de défendre les couleurs de leur équipe de basketball, les Tigers, dans la NCAA. Discussion entourant la poursuite du sport et des études, la crise de la COVID-19 et, pourquoi pas, les élections américaines.

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Joint par LE COURRIER le jour même du scrutin, mardi, Jérôme avait déjà les yeux rivés sur le téléviseur en compagnie de ses colocataires, d’autres étudiants de Princeton avec lesquels il réside depuis la fin de l’été dans une maison située à Athens, en Géorgie.

« On suit ça pas mal, on regarde toujours les nouvelles », a-t-il mentionné au bout du fil. Il prévoyait justement suivre la soirée électorale avec eux, même s’il ne s’attendait pas à ce que les résultats soient connus à ce moment.

Étudiant aux États-Unis depuis maintenant huit ans pour poursuivre sa carrière en basketball, le natif de Saint-Hyacinthe n’a pas le droit de vote au pays de l’Oncle Sam. Cela ne l’empêche pas pour autant de suivre avec intérêt la politique américaine.

« J’aime ça en parler, surtout avec des étudiants. À cause des derniers quatre ans [avec Donald Trump comme président], je pense qu’ils se sont encore plus informés. »

Après avoir vécu dans le New Jersey et le Massachusetts depuis son arrivée aux États-Unis, Jérôme habite pour la première fois dans un État dont les allégeances politiques sont plus fortes à l’égard du parti républicain, fait-il remarquer.

Alors que l’équilibre se montrait fragile aux États-Unis, avec la menace d’émeutes qui planait à la suite des élections, le calme semblait de mise dans son coin de pays. « Mais ça fait quand même un peu peur », a-t-il avoué.

En se fiant aux derniers sondages, il envisageait une victoire de Joe Biden. « Mais on peut toujours être surpris aux États-Unis », a-t-il lancé, à quelques heures de la fermeture du scrutin.

Le basket sur pause

En raison de la pandémie, le basketball n’a pas encore repris à l’Université de Princeton. La conférence dans laquelle évolue Jérôme Desrosiers, la Ivy League, a été la première à cesser ses activités en mars et elle pourrait être la dernière à les reprendre.

« En ce moment, on est encore en pause. On n’aura sûrement pas de saison hors conférence, [juste des matchs dans notre conférence]. Je pense qu’on sera la seule conférence comme ça. C’est spécial comme situation, mais je pense que la Ivy League fait vraiment attention. On attend de voir si on va jouer des matchs après Noël. On devrait le savoir au début décembre », a fait savoir le Maskoutain, dont c’était le 23e anniversaire de naissance lundi.

Il a longuement hésité, au printemps, à revenir au Québec, mais il a finalement décidé de rester aux États-Unis. Comme les cours universitaires allaient tous se tenir à distance et que le campus était inaccessible, il a loué une maison, avec sa copine et une dizaine d’amis, dans l’État de la Géorgie. « On s’est fait une petite orange bubble de Princeton », a raconté Jérôme, en référence à la couleur associée aux équipes de son université.

Outre le fait que les gens doivent porter le masque dans les lieux publics, comme ici, la vie se déroule plutôt normalement de son côté. La situation de COVID-19 est moins sévère à cet endroit qu’ailleurs au pays, a-t-il expliqué.

Même s’il ne peut pas pratiquer avec ses coéquipiers comme il le fait d’habitude, le joueur de basketball continue de garder la forme. « Je m’entraîne quand même. Je continue d’aller au gym pour faire de la musculation et j’essaie de trouver des terrains extérieurs pour aller jouer. Sinon, je prends juste mon ballon et je sors dehors pour dribler. »

De nature positive, Jérôme accepte bien sa nouvelle réalité. « Depuis que je suis en 4e année que je n’ai pas eu une pause aussi longue de basket. C’est assez bizarre, mais je reste positif. J’aimerais être sur le campus et jouer avec mes coéquipiers, mais ça fait aussi du bien d’avoir un break, autant pour le corps que mentalement. »

Vu le contexte, il a déjà été annoncé qu’une année d’éligibilité sera ajoutée aux joueurs de la NCAA, peu importe s’il y a une forme de saison cet hiver. Une nouvelle qui a réjoui le Maskoutain, qui étudie présentement en « business anthropology ».

Sa troisième saison dans la NCAA se déroulait plutôt bien avant qu’elle ne soit interrompue à la toute fin par l’arrivée de la COVID-19. « J’avais beaucoup de minutes, j’étais encore un des plus vieux. Avec mon lancer de trois points, j’étais proche du 40 % de réussite, et j’avais aussi un bon pourcentage de réussite sur mes lancers en général. J’aurais aimé avoir un peu plus de rebonds, mais on en prendrait toujours plus. »

La pandémie l’a-t-il amené à revoir ses objectifs? « C’est un peu différent en ce moment parce qu’on ne sait pas ce qui va arriver dans les prochains mois, a-t-il répondu. J’attends de voir ce qui va se passer pour me fixer des objectifs précis. Celui de jouer professionnel est encore là, mais il est plus en attente en ce moment. »

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