21 juin 2018
Baxters Canada tombe dans la marmite d’intérêts québécois
Par: Jean-Luc Lorry
L’avenir de l’usine Baxters Canada de Saint-Hyacinthe est maintenant entre les mains de la Corporation financière Champlain, une société d’investissement en capital basée à Montréal.

L’avenir de l’usine Baxters Canada de Saint-Hyacinthe est maintenant entre les mains de la Corporation financière Champlain, une société d’investissement en capital basée à Montréal.

Le fabricant de soupe écossais Baxters délaisse sa filiale canadienne en cédant son usine de Saint-Hyacinthe à un groupe d’investisseurs québécois. 

Le Fonds de solidarité FTQ, Fondaction et Investissement Québec se sont associés à la Corporation financière Champlain pour acquérir Baxters Canada.

Ces trois investisseurs ont injecté chacun 8 millions de dollars pour acquérir l’entreprise. « Le montant de cette acquisition ne sera pas dévoilé puisque des investisseurs privés sont également impliqués dans la transaction », indique en entrevue au COURRIER Alain Denis, vice-président principal, innovation et agroalimentaire au Fonds de solidarité FTQ.

La vente de Baxters Canada a été annoncée mardi par voie de communiqué.

Fondée en 1976, SoupExperts, qui fabriquait à l’origine des rations alimentaires pour l’armée canadienne, a été achetée en 2004 par l’entreprise écossaise Baxters Food Group.

Annuellement, l’usine de Saint-Hyacinthe produit 60 millions de conserves, principalement des soupes et des sauces, sous les marques de commerce Baxters, Aylmer, Primo et sans noms.

Selon le nouveau président et chef de la direction de Baxters Canada, Daniel Cousineau, qui a participé au financement de cette acquisition, il y avait un intérêt de Baxters Food Group de se départir de ses actifs canadiens et aussi une volonté de la Corporation financière Champlain de mettre la main sur cette entreprise agroalimentaire. Basée à Montréal, la Corporation Financière Champlain est une société d’investissement en capital qui cible les petites et moyennes entreprises.

« Nous réalisons des montages financiers en partenariat avec différentes institutions. Notre objectif est d’assurer la pérennité et la croissance de l’entreprise. Nous allons exploiter au maximum nos relations pour faire croître Baxters Canada à l’extérieur du pays », précise en entrevue au COURRIER Daniel Cousineau.

Celui-ci dispose d’une longue feuille de route dans le secteur alimentaire. Au cours de sa carrière, M. Cousineau a été président des Rôtisseries St-Hubert et a occupé des fonctions similaires chez L. B. Maple Treat, l’un des principaux joueurs dans la transformation du sirop d’érable.

Les nouveaux propriétaires de Baxters Canada ont identifié un créneau prometteur au Mexique pour développer des produits de marque privée. « Nous sommes dans un secteur traditionnel. Nous souhaitons sortir du Québec et développer de nouveaux produits », souligne M. Denis.

Pas de restructuration

Daniel Cousineau assure que cette acquisition n’entraînera aucun plan de restructuration. « Au contraire, nous envisageons plutôt des embauches en lien avec notre plan de croissance », indique le nouveau dirigeant.

Baxters Canada compte actuellement près de 200 employés. Selon nos informations, la convention collective a été renouvelée en février 2017 et viendra à échéance en 2020.

L’entreprise agroalimentaire loge dans une bâtisse industrielle d’une superficie de 90 000 pieds carrés qui appartient depuis peu au Groupe Robin, un important promoteur immobilier maskoutain. 

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