27 novembre 2014
Baxters liquide son siège social en Ontario
Par: Jean-Luc Lorry
L’usine du fabricant de soupes en conserve Baxters Canada est basée à Saint-Hyacinthe. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’usine du fabricant de soupes en conserve Baxters Canada est basée à Saint-Hyacinthe. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le siège social canadien de la compagnie écossaise Baxters, dont l’usine de soupes en conserve est située à Saint-Hyacinthe, cessera ses opérations demain vendredi, a appris LE COURRIER.

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D’après une source proche du dossier, la haute direction a annoncé le 16 octobre la fermeture du siège social de Baxters Canada situé en Ontario, entraînant le congédiement immédiat de son président Paul Roach qui occupait ce poste stratégique depuis septembre 2008.

Cette restructuration affecte également l’emploi de onze personnes qui travaillaient dans les bureaux de Baxters à Mississauga où quatre postes ont été abolis.

Cette décision d’affaires s’inscrit à la suite de plusieurs départs d’employés-cadres à l’usine maskoutaine, et ce, depuis le début de l’année.

Selon nos informations, le directeur de la maintenance et de l’ingénierie a démissionné de ses fonctions en janvier. En février et mars, on a procédé aux licenciements de l’adjointe aux ressources humaines, du contrôleur des opérations et du directeur de production.

En avril, c’était au tour du vice-président aux finances d’être remercié. Le mois suivant, le vice-président aux opérations a également été licencié et le directeur des achats a quitté son poste.

Au mois d’août, deux superviseurs ont abandonné volontairement leurs fonctions.

En septembre, la directrice de la chaîne d’approvisionnement a été licenciée et l’analyste aux opérations a démissionné.

Le mois dernier, la conseillère aux ressources humaines a été remerciée.

Joint par LE COURRIER, le directeur de l’usine Baxters, Marco St-Amand, n’a pas donné suite à nos appels.

La filiale nord-américaine de Baxters emploie 190 employés syndiqués basés à Saint-Hyacinthe et environ 49 salariés non syndiqués. L’entreprise réalise un chiffre d’affaires d’environ 75 M$.

Rapports tendus

Le renouvellement de la convention collective a souvent senti la soupe chaude entre les parties syndicale et patronale.

En 2008, la grève fut évitée de justesse grâce à l’intervention du directeur des ressources humaines de la maison-mère écossaise qui avait été dépêché sur place pour régler le conflit.

Cinq ans plus tard, des moyens de pression avaient été mis dans la marmite en raison de l’impasse des négociations.

En septembre 2013, un mandat de grève de trois jours avait été voté par les employés syndiqués.

Finalement, le syndicat ne fut pas contraint de mettre ses menaces à exécution. Les 187 employés s’étaient entendus sur les termes d’une convention collective d’une durée de trois ans. Celle-ci viendra à échéance le 31 mai 2016.

Acquisition

Malgré ce contexte de restructuration, Baxters aurait acquis discrètement en septembre Wornick Foods, une entreprise américaine spécialisée dans la fabrication de rations alimentaires destinées entre autres aux militaires.

Baxters Canada et Wornick Foods sont concurrentes pour approvisionner les Forces armées canadiennes en service à l’étranger et au Canada.

Les documents disponibles en ligne sur les approvisionnements du gouvernement fédéral précisent que Baxters Canada s’est vu attribuer en mai, un contrat de presque 4 M$ pour fournir des rations conditionnées et un second en août d’un montant de 1,1 M$.

Parallèlement, Wornick Foods a obtenu en août, un contrat de 760 000 $ pour fournir un produit similaire au ministère de la Défense.

Baxters a débarqué en sol canadien en 2004 en faisant l’acquisition de SoupExperts alors aux prises avec des difficultés financières. En plus de ses usines au Canada et en Écosse, Baxters possède des centres de production en Pologne et en Australie.

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