14 novembre 2013
Héros du jeudi
Benjamin Daviau
Par: Maxime Prévost Durand

Il a longtemps été le plus petit dans sa catégorie. Cette réalité l’a aidé à devenir plus fort afin de rivaliser avec les autres. Maintenant, le judoka Benjamin Daviau est le plus grand de sa catégorie et certainement l’un des plus forts. Ses efforts et son sérieux dans le sport, combinés avec d’excellents résultats, lui ont permis le printemps dernier de faire ses premiers pas sur la scène internationale.

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Tu as eu l’opportunité de faire des compétitions au Costa Rica et en Allemagne au printemps. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté?

J’ai pu voir à quoi ressemblent les gros tournois, avec de grands compétiteurs de différents pays, dont certains qui sont habitués de participer aux Mondiaux. Ça m’a permis de développer plus de techniques et de m’entraîner avec des athlètes beaucoup plus forts que moi. Ce que j’ai le plus aimé, c’est que là-bas, tu te sens tout petit. Les autres athlètes, comme ils étaient plus forts que moi, me poussaient à me dépasser, alors qu’au Québec, nous sommes pas mal tous du même niveau. De plus, les Européens ont un style complètement différent de celui que l’on voit ici, ça m’a fait voir de nouvelles techniques.

Qu’est-ce qui te démarque le plus?

Je suis un athlète travaillant. Je travaille toujours très fort pour atteindre mes objectifs. Mon principal atout est ma force physique parce que lorsque j’étais plus jeune, j’étais toujours le plus petit de ma catégorie. Je devais donc être plus fort que les autres athlètes plus grands que moi si je voulais les battre. Maintenant, c’est rendu moi le plus grand de ma catégorie!

Ta prise préférée?

O’goshi. C’est une prise où tu colles ton adversaire et tu le soulèves avec tes hanches. Tu dois mettre ton bras en dessous de son épaule et tu tires par la suite afin de le projeter sur le dos. J’ai davantage un style de combat collé à l’adversaire et c’est surtout la force qui est utilisée dans cette prise.

Ce qu’il faut pour être un bon judoka?

Il faut avoir une bonne logique et toujours être en mesure de voir des opportunités [pour attaquer], en plus d’avoir une bonne dextérité. La force n’est pas nécessairement un élément clé, mais ça peut être utile. Il faut aussi beaucoup de persévérance parce qu’au judo, un combat peut durer cinq secondes comme il peut durer dix minutes.

Tes trois frères ont tous fait du judo aussi, est-ce plus motivant d’aller s’entraîner avec la famille?

Oui, c’est sûr. Tu as toujours un partenaire d’entraînement assuré. De plus, mon frère plus vieux et moi avons toujours été d’un calibre égal en compétition, donc j’ai toujours eu mon grand frère pour me pousser et pour m’entraîner avec lui.

Quel impact a ce sport dans ta vie?

Ça m’a beaucoup dégêné puisque tu es toujours en train de te battre avec quelqu’un que tu ne connais pas. J’ai aussi développé une grande persévérance. Je n’ai jamais eu de très bonnes notes à l’école et le fait d’avoir le sport-études m’a fait travailler davantage afin de réussir à l’école. Je faisais plus de deux heures d’études par soir et c’est là que j’ai commencé à avoir de meilleures notes. Plutôt que d’avoir une moyenne de 60-70 % comme avant, elle a grimpé plus près de 80 %.

Quelques judokas québécois ont brillé sur la scène mondiale. Lequel t’impressionne le plus?

J’ai grandi en suivant les exploits de Nicolas Gill, mais je dois avouer que présentement, Antoine Valois-Fortier m’impressionne encore plus. Ce n’est pas un athlète qui a performé tant que ça lorsqu’il était plus jeune. Il a toujours persévéré, tandis que Nicolas Gill a toujours été parmi les meilleurs.

Tes objectifs pour la saison en cours?

J’aimerais monter sur le podium lors du championnat canadien parce que l’an dernier ça avait moins bien été. C’est certain que j’aimerais aussi refaire des compétitions ailleurs dans le monde encore une fois cette saison.

Tu travailles avec un entraîneur d’expérience en Louis Graveline. Comment est-ce de travailler avec lui?

Depuis que j’ai commencé à travailler avec lui il y a neuf ans, il m’a toujours poussé à persévérer. Avec le sport-études, je me suis grandement amélioré grâce à lui. Il nous pousse toujours à être meilleur. Je ne sais pas comment j’aurais fait pour arriver là sans lui. C’est un très bon entraîneur.

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