8 novembre 2012
Benoît Grenier sur la trace du régime seigneurial
Par: Le Courrier

Surpris des mythes qui persistent au sujet du régime seigneurial qui, contrairement à ce que l’on croit, a survécu jusqu’à tard dans les années 1900 au Québec, Benoît Grenier a lancé au printemps 2012 le livre intitulé Brève histoire du régime seigneurial. Dans le cadre de Memoria – Festival des oeuvres historiques, il présentera, mardi, la conférence L’étonnante survivance du régime seigneurial au Québec (1854-1974) à la Bibliothèque T.-A.-St-Germain dès 19 h.

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Professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke, Benoît Grenier a toujours eu un intérêt pour le Québec industriel plus que pour l’époque de la Nouvelle-France. Mais voilà qu’il a entrepris la rédaction du livre Brève histoire du régime seigneurial alors qu’il préparait un projet de recherche qui porte sur la survivance du régime seigneurial. C’est en consultant les ouvrages existants sur le régime seigneurial qu’il a décidé de produire un ouvrage qui présente une image moins dogmatique de cette institution et accessible à tous.

« La raison pour laquelle j’ai écrit ce livre est bien simple. C’est parce que les ouvrages qui existent sur le sujet sont très anciens. Certains livres auxquels on peut se référer datent des années 50 et véhiculent parfois de vieilles visions sur le régime seigneurial. Il s’est fait des recherches depuis sur le sujet, mais personne n’a fait de synthèse. Et étant donné que j’ai moi-même besoin d’un tel ouvrage quand j’enseigne, la rédaction de ce livre m’apparaissait utile », explique Benoît Grenier. De son arrivée en Nouvelle-France jusqu’à sa disparition au XXe siècle, le livre permet de comprendre l’évolution du monde seigneurial de manière chronologique et thématique, en plus de traiter de nombreux seigneurs et seigneuries qui font partie de l’histoire du Québec. Selon l’auteur, ces derniers ne correspondent d’ailleurs pas nécessairement à l’image mythique du seigneur aimable et bon père de famille qui reste sur son territoire par simple obligation. Parce que contrairement à ce que l’on croit, ce ne sont pas tous les seigneurs et seigneuresses qui s’isolaient chez eux, mais seulement ceux dont les relations étaient tendues avec les censitaires. « C’est le cas du seigneur Jean Dessaulles à Saint-Hyacinthe, qui fait clairement usage de ses droits, avec le soutien de ses avocats, faisant comparaître les mauvais payeurs devant la Cour du Banc du Roi […] »Dans le cadre de la conférence qui traitera essentiellement l’historique du processus d’abolition du monde seigneurial, l’auteur présentera certains acteurs qui ont joué un rôle déterminant dans la lente disparition du régime seigneurial, dont l’ancien député et maire de Saint-Hyacinthe, Télésphore-Damien Bouchard, qui sera l’un des premiers à se lever au Parlement contre le féodalisme.Après la Brève histoire du régime seigneurial qui est l’oeuvre de près d’une décennie de recherches, Benoît Grenier travaille depuis plus de deux ans à la survivance du régime seigneurial. Plus précisément la trace patrimoniale que cette institution a laissée derrière elle.« Ce que je veux faire précisément, ce sont des enquêtes orales auprès des descendants du régime seigneurial afin de comprendre comment ils comprennent, dans la famille les mémoires de leurs ancêtres. »Ce dernier profitera d’ailleurs de son passage à Saint-Hyacinthe pour lancer un appel aux descendants de seigneurs ou seigneuresses de la région qui voudraient collaborer au projet.

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