6 septembre 2018
Bitfarms non conforme à la réglementation municipale
Par: Jean-Luc Lorry
Nos investissements sont précieux à Saint-Hyacinthe. Nous voulons être conformes à la réglementation [municipale], indique Anthony Lévesque vice-président aux opérations de Bitfarms.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Nos investissements sont précieux à Saint-Hyacinthe. Nous voulons être conformes à la réglementation [municipale], indique Anthony Lévesque vice-président aux opérations de Bitfarms. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’entreprise Bitfarms, qui occupe depuis décembre 2017 des locaux industriels sur l’avenue Vanier, ne respecte pas présentement la réglementation municipale en vigueur, a constaté LE COURRIER.

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Avant de débuter ses opérations, aucun représentant de cette entreprise spécialisée dans les centres de calcul destinés au marché de la cryptomonnaie ne s’est présenté au Service de l’urbanisme de la Ville de Saint-Hyacinthe pour obtenir un certificat d’occupation.

« Un certificat d’occupation est requis pour l’ouverture de toute place d’affaires, et ce, même à l’intérieur d’un logement », peut-on lire sur le site Web de la Ville. Ce document indique les usages ou activités autorisés en vertu du règlement de zonage en vigueur à sa date de délivrance.

C’est à la suite d’une demande du COURRIER, qui souhaitait obtenir une copie du certificat d’occupation en question, que le Service de l’urbanisme de la Ville s’est intéressé à la situation de Bitfarms.

« Le Service de l’urbanisme est allé visiter les installations de Bitfarms la semaine dernière. L’entreprise a fourni divers documents comme des plans d’architecture en vue de classifier l’usage de ses activités », a indiqué en entrevue au COURRIER Brigitte Massé, directrice du Service des communications à la Ville.

Toutefois, Mme Massé reconnaît que cette entreprise aurait dû effectuer des démarches auprès du Service de l’urbanisme au moment de son implantation à Saint-Hyacinthe.

Industrie à incidence faible permise

La grille de spécification qui s’applique à la zone où est située l’ancienne usine Kimberly-Clark à l’intérieur de laquelle Bitfarms loue des locaux permet l’installation d’industries à incidences faibles.

Étant une industrie émergente, l’opération de centres de calcul destinés au marché du Bitcoin ne fait pas partie de la longue liste des industries identifiées à faible incidence.

« Si l’usage n’est pas autorisé et que le conseil compte apporter une modification à sa réglementation, un processus de modification réglementaire débutera », précise sur le dossier Brigitte Massé.

« Il y aura alors une assemblée publique de consultation durant une séance du conseil. La population, le cas échéant, sera invitée à faire valoir son point de vue par le biais du processus de demande de tenue d’un registre », poursuit-elle.

LE COURRIER a profité d’une visite des installations de Bitfarms (voir autre texte) pour aborder la problématique de l’usage industriel.

« Nos investissements sont précieux à Saint-Hyacinthe. Nous voulons être conformes à la réglementation [municipale], précise Anthony Lévesque, vice-président aux opérations de Bitfarms. Nous allons soumettre le plan de nos installations au Service de l’urbanisme. Nos activités devraient correspondre au zonage industriel. »

Aucun contact avec Saint-Hyacinthe Technopole

Même si on entend parler régulièrement de Bitfarms dans les médias, ses activités en ville sont passées sous le radar de Saint-Hyacinthe Technopole.

« Personne n’a été approché chez nous, pas plus qu’à la Ville de Saint-Hyacinthe », indique André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole.

L’entreprise n’a pas fait l’objet d’une visite spécifique lors de la tournée annuelle du secteur manufacturier effectuée par l’équipe de Saint-Hyacinthe Technopole.« Nous n’avons pas étudié ce dossier ni de près, ni de loin », mentionne M. Barnabé. 

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