6 septembre 2018
Cryptomonnaie
Bitfarms ouvre ses portes au COURRIER
Par: Jean-Luc Lorry
Le centre de calcul de Bitfarms à Saint-Hyacinthe est constitué d’un immense mur composé de milliers de supercalculateurs. Ce site hautement technologique est destiné à sécuriser les échanges et les transactions de cryptomonnaie. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le centre de calcul de Bitfarms à Saint-Hyacinthe est constitué d’un immense mur composé de milliers de supercalculateurs. Ce site hautement technologique est destiné à sécuriser les échanges et les transactions de cryptomonnaie. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Installée discrètement depuis 9 mois sur l’avenue Vanier à Saint-Hyacinthe, l’entreprise québécoise Bitfarms, qui se spécialise dans la mise en place et l’opération de centres de calcul destinés au commerce de la cryptomonnaie, a ouvert ses portes au COURRIER.

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Bitfarms occupe une superficie de 40 000 pieds carrés dans l’ancienne usine Kimberly-Clark, dont le propriétaire est l’entreprise montréalaise Olymbec. Une autre section de l’immense complexe industriel est occupée par le détaillant Rona pour de l’entreposage.

Avant de pénétrer dans la bâtisse, un bruit semblable à un bourdonnement se fait entendre. Nous accédons dans la partie de l’usine occupée par Bitfarms par une porte métallique sécurisée.

Le nom Bitfarms n’est pas affiché sur le bâtiment loué par cette entreprise de haute technologie. À l’intérieur, un mur immense est composé d’environ 7 000 supercalculateurs qui fonctionnent 24 heures sur 24. Cette installation est appelée chaîne de blocs par les dirigeants de Bitfarms.

Pour réduire la chaleur dégagée de ces nombreux microprocesseurs, d’immenses persiennes laissent entrer de l’air de l’extérieur qui est par la suite expulsé de l’édifice par d’imposants ventilateurs.

« Nos centres de calcul servent à sécuriser les échanges et les transactions du réseau Bitcoin », indique en entrevue au COURRIER Anthony Lévesque, vice-président aux opérations de Bitfarms.

Le Bitcoin est une unité monétaire utilisée sur Internet qui est indépendante des réseaux bancaires traditionnels. Cette monnaie virtuelle est liée à un système de cryptage qui enregistre toutes les transactions.

En échange de ses services, Bitfarms reçoit une commission sur chaque transaction en cryptomonnaie.

En plus de Saint-Hyacinthe, Bitfarms est locataire d’espaces industriels à Cowansville, Farnham, Notre-Dame-de-Stanbridge, Magog et Saint-Jean-sur-Richelieu. À Sherbrooke, l’entreprise est propriétaire d’un édifice où trois phases de développement sont prévues.

Les centres de calcul mis au point par Bitfarms pourraient être utilisés dans d’autres domaines comme celui de la traçabilité des aliments.

Bitfarms compte 96 employés à temps plein. Les installations de l’avenue Vanier nécessitent la présence d’une trentaine d’employés.

En expansion

Les affaires semblent rouler rondement pour Bitfarms puisque l’entreprise compte doubler le volume de son centre de calcul maskoutain.

Actuellement, le site de Saint-Hyacinthe utilise une puissance électrique de 10 mégawatts (1,4 kilowatt par supercalculateur).

« Hydro-Québec nous a assigné un autre 10 mégawatts que l’on peut utiliser. Nous sommes ouvert à faire du délestage, c’est-à-dire à éteindre nos machines en cas de période de grande consommation d’électricité en hiver », mentionne Bahador Zabihiyan, directeur des relations publiques de Bitfarms.

Pour répondre à de tels besoins en électricité, des transformateurs installés dans l’usine réduisent le voltage de 25 000 volts à 240 volts.

Selon M. Zabihiyan, c’est Hydro-Québec qui a suggéré à l’entreprise les emplacements industriels les plus adaptés au type d’activité de Bitfarms.

« Hydro-Québec nous a orientés vers des sites où il y a des surplus énergétiques », précise M. Zabihiyan.
Disposant de partenaires israéliens, Bitfarms est cotée à la Bourse de Tel-Aviv.

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