8 mars 2018
entre les lignes
Bloc à la dérive
Par: Le Courrier

Le plus souverainiste des partis politiques fédéraux traverse une crise existentielle. Une autre. Sept de ses dix députés ont démissionné (en bloc, s’cusez-la), exaspérés par le style de gestion et la personnalité abrasive de leur chef Martine Ouellet. La plupart des fois où ce parti politique a fait parler de lui ces derniers mois, voire ces dernières années, c’est en raison d’une crise de leadership ou de querelles intestines. 

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Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en, dit-on souvent. Il y a quand même des limites à faire parler de soi uniquement pour les mauvaises raisons, non? Les opposants à Mme Ouellet souhaitent justement que le Bloc se démarque par le soin qu’il prend à défendre les intérêts du Québec. Tous les intérêts au sens large. Qu’ils soient économiques, sociaux, culturels, agricoles, alouette. Comme dans les belles années de Lucien Bouchard et du député bloquiste local, Yvan Loubier. Quand leurs revendications servaient à la fois les intérêts du Québec et pouvaient profiter par la bande à l’ensemble des autres provinces. Sauf que la chef Ouellet n’a qu’une seule idée en tête : promouvoir la souveraineté. C’est assez mince et redondant comme programme politique, avouons-le.

Quel avenir attend le Bloc? Pas trop reluisant si vous voulez notre avis. À notre sondage Internet de la semaine, qui n’a aucune prétention scientifique sinon la prétention de mesurer l’humeur de nos lecteurs, environ 80 % des quelque 150 répondants ont affirmé que la disparition du Bloc ne serait pas une grosse perte. Difficle de les contredire. C’est certain que personne n’a besoin d’un Bloc de discorde. Et comme 70 % du caucus a jugé que Martine Ouellet faisait davantage partie du problème que de la solution et que celle-ci s’accroche à son siège, et sur celui qu’elle occupe encore à Québec, c’est l’impasse. Si l’électrochoc n’a rien donné, peut-être faudrait-il cesser de s’acharner sur le Bloc et le débrancher. Car à un an et demi des prochaines élections fédérales, ça laisse peu de temps pour tenir un congrès général extraordinaire, faire le ménage dans les rangs et dénicher, au besoin, un sauveur charismatique et rassembleur. À l’inverse de Mme Ouellet.

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