8 août 2019
Modifications au plan d’urbanisme
Bon pour le centre-ville, croit Sylvie Adam
Par: Benoît Lapierre

Sylvie Adam, conseillère du district Cascades de 1996 à 2017, est plutôt en accord avec la nouvelle vision du centre-ville qu’a la Ville. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les récents changements apportés au plan d’urbanisme par l’administration Corbeil pour imposer aux Maskoutains le concept d’un « centre-ville riverain », avec des tours d’habitation pouvant atteindre huit étages le long de la promenade Gérard-Côté et de la rivière Yamaska, paraissent très éloignés de la vision qu’avaient du centre-ville les penseurs du plan de 2010.

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Adopté au terme de deux années de consultation, le plan d’urbanisme de 2010, toujours en vigueur, mais passablement modifié maintenant, mettait plutôt le centre-ville à l’abri de bouleversements de ce genre dans son bâti.

Pour le centre-ville, on souhaitait « l’émergence d’une image dynamique basée sur la valorisation du patrimoine, le soutien au monde artistique et la mise en place d’une animation urbaine, contribuant à la création d’une ambiance distinctive ». L’aménagement d’une vitrine importante sur la rivière à proximité du Centre des arts Juliette-Lassonde et du Marché public était aussi au programme, de même que le réaménagement de la promenade Gérard-Côté et la préservation des vues sur la rivière Yamaska.

« Le centre-ville de Saint-Hyacinthe représente un espace unique. Implanté en bordure de la rivière Yamaska, composé d’une mixité de fonctions urbaines et présentant un cadre bâti patrimonial, il est aussi caractérisé par son échelle humaine et conviviale », expliquait-on.

En ce qui a trait au milieu bâti, on proposait la consolidation des secteurs résidentiels déstructurés et de moins bonne qualité par la rénovation du cadre bâti et « l’insertion de nouveaux bâtiments offrant une gamme variée de produits résidentiels », mais sans plus. On était encore loin d’un projet de tour de 15 étages dans un stationnement municipal, comme celui mis de l’avant par la Ville et Réseau Sélection en 2017 avant d’être abandonné devant le mécontentement populaire, où encore d’un « centre-ville riverain » à forte densité d’occupation où des promoteurs comme Groupe Sélection pourraient s’implanter après des acquisitions d’immeubles.

Sylvie Adam, qui a siégé au conseil municipal de 1996 à 2017 comme conseillère du district Cascades, se souvient bien des consultations qui avaient marqué l’élaboration du plan d’urbanisme de 2010. Il avait remplacé celui de 2003, adopté après les dernières fusions municipales. « Tous les acteurs du milieu avaient été invités à participer », a-t-elle souligné en entrevue au COURRIER.

Pour les modifications apportées au plan actuel, les choses se sont passées de manière bien différente, mais Mme Adam se dit d’accord avec l’effet recherché par la Ville. Sa position rejoint donc celle de son successeur dans le district Cascades, Jeannot Caron, et celle des autres membres du conseil. « On sait pourquoi ces changements ont été faits : c’est pour revitaliser le centre-ville. Pour moi, rien n’est tout noir », confie-t-elle.

Si elle jugeait que la tour de 15 étages d’abord proposée par Réseau Sélection était une structure beaucoup trop imposante, elle trouve le gabarit de huit étages plus acceptable. « Je me dis : pourquoi pas? En autant que ça puisse s’harmoniser avec l’existant. Mais c’est sûr que, si j’apprends qu’on va construire un huit étages à côté de chez moi, je vais sourciller », poursuit cette Maskoutaine qui a grandi au centre-ville et qui habite maintenant l’avenue Saint-Simon, dans une ancienne usine de trois étages convertie en bâtiment résidentiel.

Sans être en faveur de tout raser pour bâtir en neuf, elle considère que beaucoup de demeures anciennes du centre-ville ont perdu de leur attrait à cause de la négligence des propriétaires. « Combien de maisons ont manqué de soins? On s’aperçoit que beaucoup de gens n’ont pas d’intérêt à investir dans leur maison, et la Ville ne peut pas tout subventionner », estime-t-elle.

Elle considère que la Ville a maintenant besoin d’un solide programme particulier d’urbanisme (PPU) pour bien orienter ses interventions au centre-ville. « Et j’espère qu’elle va consulter la population cette fois-ci. »

À propos de la vitalité du centre-ville, Mme Adam signale que le plan d’urbanisme de 2010 avait rendu possible l’implantation des bureaux structurants sur l’emplacement du Projet M du Groupe Robin, ce à quoi elle était opposée par crainte d’un exode de bureaux vers le nord. « Pour faire vivre le centre-ville, on a besoin d’avoir des gens qui y travaillent, et je trouvais qu’on avait déjà trop de locaux vacants. »

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