24 décembre 2015
Bonheur et prospérité
Par: Martin Bourassa
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Centre de congrès et hôtel de luxe il y ­aura à Saint-Hyacinthe en 2017. Les ­Maskoutains ont en effet décidé ­d’accorder leur confiance au maire Claude Corbeil et à son administration en ne bloquant pas l’emprunt de 23,7 M$ nécessaire à la construction du centre de congrès municipal. À peine 227 citoyens ont pris la peine de signer le registre qui aurait pu retarder ou court-circuiter le projet.

On est quand même loin du compte puisqu’il aurait fallu 768 signatures pour forcer la tenue d’un référendum sur cette question.

Parmi le groupe des 227 opposants, on retrouve Jonathan et Nellie Robin ainsi que quelques représentants du milieu communautaire. Il est à souhaiter que l’on ne leur en tienne pas rigueur. Ils avaient tous leurs raisons de signer le registre. Que ce soit la déception d’avoir vu la Ville leur préférer Beauward comme associé pour l’un ou encore la crainte de voir la Ville sabrer son soutien au milieu communautaire et dans divers projets pour soutenir à bout de bras un centre de congrès pour les autres.

Quoi qu’il en soit, que leurs motivations soient fondées ou pas, leur ­dissidence presque symbolique n’aura finalement aucune incidence sur la suite des choses.

La première étape, certes cruciale, a donc été franchie avec succès. On devine que le maire Claude Corbeil a dû pousser un soupir de soulagement et qu’il va ­terminer l’année avec le sourire. Un échec aurait été catastrophique pour lui, dans la mesure où c’est son leadership qui aurait été remis en cause à deux ans des prochaines élections. Disons qu’il avait tout à perdre avec ce registre à ­mi-mandat. Le résultat lui donnera maintenant un nouvel élan pour aborder les prochains défis. Il a la confiance des Maskoutains dans le dossier du centre de congrès, mais il devra maintenant s’en montrer digne et livrer la marchandise. Comment? En s’assurant que les ­Maskoutains en aient pour leur argent et que chaque dollar public sera dépensé avec soin.

La Ville ne peut pas se permettre le luxe d’un dépassement de coûts.

Elle devra s’assurer que le budget ­initial sera respecté à la lettre, voire même essayer de s’en tirer à meilleur coût si l’occasion se présente. Dans la mesure où les premières années d’opérations seront difficiles, et sans aucun doute déficitaires, la Ville devra donc gérer serré pour éviter que les ­Maskoutains paient en double.

Après avoir financé la construction, l’odieux serait ensuite de leur refiler tous les déficits annuels par la bande en ­redonnant à l’opérateur dans une main ce qu’il vient de nous mettre dans l’autre pour défrayer ses taxes annuelles. C’est pour cela qu’il faudra apporter beaucoup d’attention à la reddition de comptes entre la Ville et l’opérateur.

La bonne nouvelle pour l’administration en place, c’est que l’inauguration est prévue quelques semaines seulement avant les ­prochaines élections municipales.

L’élection ne pourra donc pas se jouer sur les promesses non tenues et les malheurs financiers du centre de congrès, si malheurs il y a. Nous n’en souhaitons pas.

Au contraire, souhaitons-nous plutôt bonheur et prospérité.

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