4 mai 2017
Saint-Hyacinthe Technopole
Bons coups, bad coups
Par: Martin Bourassa
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Saint-Hyacinthe Technopole, anciennement la Cité de la biotechnologie, vient de frapper un os avec Zénith Lab. C’est le nom d’une entreprise pharmaceutique qui devait s’installer chez nous et pour laquelle l’ancienne direction de la Cité avait déroulé le tapis rouge avec l’appui financier de la Ville de Saint-Hyacinthe. 

Cette dernière avait accepté de cautionner, à la hauteur de 4 M$, la construction d’une usine à la fine pointe de la technologie. Si la construction s’est mise en branle, le montage financier s’est aussi mis à branler. Dangereusement.

La production n’a jamais démarré et Zénith Lab vient de se placer à l’abri de ses créanciers, avec des dettes de 16,5 M$, dont 1,7 M$ auprès de Saint-Hyacinthe Technopole en loyers et en travaux impayés. Rien pour saigner les finances de l’organisme pour l’instant, mais l’irritant n’est pas anodin. L’organisme privé chargé de développer le parc technologique doit aussi se défendre face à une réclamation de 10 M$ pour une transaction immobilière avortée dans laquelle elle a été impliquée par la bande dans le dossier Zénith Lab. En conséquence, un nuage d’incertitude flottera au-dessus de la cité tant et aussi longtemps que cette poursuite n’aura pas été écartée et Saint-Hyacinthe Technopole se retrouve temporairement avec une bâtisse vide sur les bras. 

Si jamais Zénith Lab devait être emportée par une faillite, la bâtisse vide et incomplète pourrait le rester un moment. Il faut savoir que l’usine a été construite selon des spécificités techniques précises. On ne peut la louer à n’importe quel locataire désireux d’y faire n’importe quoi. Et comme la Ville s’est portée garante pour une caution de 4 M$, c’est elle et non Saint-Hyacinthe Technopole qui devra rembourser le prêt si jamais l’usine devait devenir un fardeau financier. C’est sur ce principe de cautionnements municipaux, un levier qui n’est pas sans risques, que s’est développée notre Cité. Ces cautionnements ont atteint à un certain moment près de 25 M$. Voilà autant de bonnes raisons de s’en préoccuper et de miser sur de solides locataires, non? Zénith Lab avait-elle les finances et un plan d’affaires assez reluisants pour s’engager à ce point envers elle? Il faudrait poser la question à l’ancien directeur général de la Cité, Mario de Tilly, puisque Zénith Lab a été son dernier fait d’armes, lui qui a démissionné une semaine après la première pelletée de terre. C’est en bonne partie parce que nous posions trop de questions sur sa gestion et sur les pratiques et le fonctionnement de la Cité de la biotechnologie que les relations s’étaient envenimées entre LE COURRIER et l’ancienne direction de la Cité il y a quelques années. 

Mais c’est grâce à cette détermination si nous avons réussi à obtenir que l’organisme s’engage à rendre publics ses états financiers et à motiver une fois l’an ses bons et ses mauvais coups. C’est bien le minimum considérant l’argent que lui verse la Ville (1,2 M$ en 2017) et l’ampleur des cautionnements municipaux. 

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