19 décembre 2013
Bons derniers?
Par: Pierre Bornais

C’est une tradition (?), l’Institut Fraser présente ses voeux aux Québécois en leur rappelant qu’ils sont bons derniers au Canada pour les dons « de charité ».

Et comme il se doit, cette affirmation soulève des discussions; tout un chacun proposant son explication du phénomène.Certaines précisions ne sont pas farfelues, loin de là. Comme celles s’interrogeant sur la base d’analyse pour arriver à un résultat aussi peu flatteur pour les Québécois, en passant par le « filet social » en place ou la part importante du bénévolat chez nous.D’autres avancent des éléments qui mériteraient certainement d’être approfondis; sans nécessairement faire un lien direct entre argent et religion.Le premier dans le temps, et sans doute le plus important, c’est le manque de ressources dont disposent encore la majorité des individus dans notre belle province.C’est en fait notre histoire commune depuis des siècles et, à quelques exceptions près, l’émergence d’une classe de bien nantis est un phénomène récent et encore marginal.Les évaluations les plus récentes sur le niveau élevé de l’endettement des foyers s’inscrivent aussi dans cette dynamique de pauvreté relative.Une question : si demain, je gagne des millions de dollars à la Loto, quel sera mon premier réflexe? En garder le total ou en faire aussi profiter un organisme de mon entourage?Il y a quelques années, un homme d’affaires prospère de la grande région a gagné 1,8 million de dollars à la loterie; le lendemain, il en versait la moitié à un hôpital de son choix.Cette approche, il est clair, ne fait pas encore partie de nos valeurs, de notre culture.Ceci expliquant cela, le mécénat en est encore à ses premiers balbutiements, avec la participation croissante des quelques grandes fortunes québécoises.Notre notion du partage mérite d’être approfondie.

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