18 avril 2013
Boston
Par: Martin Bourassa
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Changement de programme. Je prévoyais écrire sur la boxe, mais je préfère vous entretenir d’un sport plus violent encore, la course à pied.

Le célèbre marathon de Boston devait être le théâtre, comme c’est le cas depuis 117 ans, de grandes performances athlétiques, de dépassement de soi, dans la foulée des exploits, petits et grands, qui ont marqué cette épreuve. Comme ceux du grand Maskoutain Gérard Côté, gagnant de cette classique à quatre reprises dans les années 1940. Mais l’édition 2013 ne passera pas à l’Histoire en raison des exploits sportifs des quelque 26 000 participants, dont plusieurs Québécois.On retiendra surtout l’horreur et la terreur. L’horreur des bombes sales, l’horreur des explosions, l’horreur des images sanglantes que nous ont relayées en boucle certains médias et les réseaux sociaux. L’horreur 2.0 qui nous frappe désormais de façon quasi instantanée. Encore bien davantage quand elle surgit là où on ne l’attend pas.Là où on ne la redoute pas, au fil d’arrivée du marathon de Boston.Certaines images sont à glacer le sang. Des images que je ne tiens pas à voir et à revoir et que je n’aurais certainement pas publié dans le respectable journal que vous tenez entre les mains, même si je suis un farouche partisan de la liberté de presse.Est-ce que les médias doivent tout montrer? Dans une certaine mesure.Et cette bonne mesure, à mon avis, n’en demandait pas tant. Je pense entre autres au Journal de Montréal qui a cru bon de publier certaines images fortes afin de « montrer le vrai visage du terrorisme », toute « l’horreur et la violence d’un acte terroriste ». En y ajoutant une mise en garde, en bas de page 3 : « Nous recommandons aux parents de ne pas laisser leurs enfants les regarder seuls et sans explications. » Évidemment, on ne fournit pas la liste des dites explications à offrir aux enfants. Ça viendra peut-être dans la page de Richard Martineau.Quand un média doit justifier dès le départ sa décision de publier ou non une photo ou une information, c’est qu’il y a un sérieux doute sur la pertinence de le faire, non?Cela dit, j’ai bien apprécié la retenue dont ont fait preuve plusieurs commentateurs de la première heure. On semble avoir appris de drames semblables et de certains dérapages qui ont pointé à tort différents groupes ou individus par le passé.D’autant plus que cet attentat n’a pas encore été revendiqué.Ce silence ne fait que rajouter à la terreur ambiante.On regarde vers Boston et on se dit que le monde en général, notre monde, ne va pas bien. Autre constat, on ne peut pas tout prévenir. Même que ce carnage risque de donner des idées aux cinglés et aux terroristes du dimanche.Ceux qui se diront maintenant qu’il n’est pas nécessaire de détourner des avions et de les crasher dans des tours jumelles pour faire jaillir l’horreur à grande échelle.Des petites bombes sales bien placées peuvent faire beaucoup de mal et frapper l’imaginaire collectif. Non vraiment, notre monde ne va pas bien.

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