21 mars 2013
Bravo Agnès
Par: Martin Bourassa
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La ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, n’est pas tellement populaire ces temps-ci en dehors de son propre parti, et encore.

On l’accuse de tous les maux depuis qu’ont été ébruitées dans la Gazette officielle, puis annoncées des modifications prévues au programme d’aide sociale qui toucheront entre autres les prestataires âgés de 55 à 57 ans, les familles avec enfant de moins de cinq ans et les assistés sociaux toxicomanes.On l’accuse sur tous les tons de s’attaquer aux démunis. Et pourtant…Loin de moi l’idée de rendre hommage à la ministre, qui a très mal paru dans cette affaire dès le départ avec le caractère « caché » de son plan de match.Loin de moi également l’idée d’endosser toutes les mesures annoncées et leur pertinence. Mais j’oserais quand même affirmer que tout n’est pas mauvais dans celles-ci, ou du moins dans l’intention derrière. Je pense particulièrement à la volonté de s’intéresser de plus près sur ce qui se passe avec la clientèle d’assistés sociaux toxicomanes et dans les centres qui assurent leur traitement. Plusieurs de ces centres sont apparus ces dernières années en Montérégie et en Estrie et se sont développés à la vitesse grand V. Certains au point de devenir de véritables petites mines d’or pour les promoteurs qui se sont lancés dans de grands projets immobiliers, question de rassembler le plus de clients possible sous un même toit. On m’a aussi souvent interpellé avec le caractère particulier de certains traitements offerts par des thérapeutes autoproclamés qui étaient bien souvent d’anciens clients en rémission. Sans parler de toute la criminalité inhérente au va-et-vient de cette clientèle instable dans les municipalités où de tels centres sont installés.Disons que je n’ai pas été surpris outre mesure quand j’ai su que les dépenses consacrées aux frais de séjour couverts par la prestation spéciale sont passées de 5 M$ en 2002-2003 à 24 M$ en 2011-2012, soit une hausse de 392 %. Et pour l’année en cours, on prévoit une hausse des coûts de 6 %. Un bar ouvert!Dans la même veine, on constate une augmentation de la durée de séjour de 37 % en deux ans et des thérapies qui s’échelonnent parfois au-delà de deux ans!De deux choses l’une, ou bien le Québec est peuplé de toxicomanes impénitents, ou encore les thérapies sont assez inefficaces merci. J’oserais avant tout suggérer que certains promoteurs ont surtout eu le grand mérite d’exploiter un bon filon en profitant des largesses et d’un système qu’il faudrait s’empresser de corriger.Je pense en particulier au propriétaire et directeur général d’un centre pour toxicomanes de la région maskoutaine qui ne se privait de rien avec son salaire de 86 $ de l’heure pour des semaines de 40 heures, et une rémunération annuelle de 178 880 $!Est-ce que l’idée de limiter à 90 jours la durée d’un séjour payé en centre pour les toxicomanes bénéficiaires de l’aide sociale est la meilleure qui soit? Peut-être pas.Mais de toute évidence, il y a un ménage à faire dans le programme et des questions à poser sur le fonctionnement actuel de ces centres.Bravo à la ministre et souhaitons sincèrement qu’elle pousse l’analyse et l’enquête encore plus loin, en collaboration avec d’autres ministères.

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