14 avril 2016
Congrès du NPD
Brigitte Sansoucy loyale envers son chef
Par: Rémi Léonard
Thomas Mulcair en compagnie de Brigitte Sansoucy à la veille du déclenchement des dernières élections fédérales. Photothèque | Le Courrier ©

Thomas Mulcair en compagnie de Brigitte Sansoucy à la veille du déclenchement des dernières élections fédérales. Photothèque | Le Courrier ©

La députée fédérale de Saint-Hyacinthe-Bagot, Brigitte Sansoucy, a été « jusqu’à la dernière minute » derrière son chef, Thomas Mulcair, lors du congrès du Nouveau Parti démocratique (NPD) la fin de semaine dernière à Edmonton. Sa confiance a été cependant partagée par seulement 48 % des autres néodémocrates.

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La majorité a plutôt réclamé une course à la direction, expulsant ainsi le chef en place. Thomas Mulcair a annoncé qu’il resterait en poste d’ici à ce que son successeur soit choisi, au plus tard d’ici deux ans.

Rejoint le lendemain à Ottawa, Brigitte Sansoucy s’est dite « surprise et triste » du verdict des membres. Le désaveu se veut la manifestation du « désir de changement et de renouveau du parti », croit-elle. Ce n’est donc ni sa position sur l’Oléoduc Énergie Est, ni le virage ­centriste que certains lui ont reproché qui ont poussé le successeur de Jack ­Layton vers la porte, selon elle.

Brigitte Sansoucy analyse l’orientation du parti comme plus « pragmatique » ­depuis une dizaine d’années, afin de se ­positionner pour former le gouvernement. « Il faudra trouver l’équilibre », illustre-t-elle.

Quant à l’avenir du parti, il est encore trop tôt selon elle pour identifier le meilleur ­candidat à la succession de Thomas ­Mulcair. D’ici là, « ça ne change rien au ­travail que je continue de faire comme ­députée », rassure-t-elle.

Se qualifiant de « loyale », elle a rappelé qu’elle a débuté en politique à ses côtés, en 2007. Les circonscriptions ­d’Outremont et de Saint-Hyacinthe-­Bagot étaient à ce ­moment en élections partielles. L’ancien ministre libéral avait été élu, mais Brigitte Sansoucy a dû ­patienter encore quelques années puisque c’est Ève-Mary Thaï Thi Lac du Bloc québécois qui avait alors remporté la région maskoutaine, passée ensuite aux mains de la néodémocrate Marie-Claude Morin en 2011.

Au-delà du chef

Même si le moment le plus médiatisé du congrès a été sans l’ombre d’un doute le vote de confiance, l’occasion était aussi ­propice à toutes sortes de débats au sein des délégués du NPD.

Ainsi, le manifeste du « Grand bond vers l’avant » a beaucoup fait parler durant ce congrès. Les idées avancées vont du rejet des énergies fossiles et de la transition vers les énergies renouvelables, en passant par le plein respect des droits ancestraux des Premières Nations, l’accueil de davantage de réfugiés et la condamnation vigoureuse de l’austérité. Le parti a accepté de se ­pencher sur son contenu au niveau des ­instances locales. « Il faudra en débattre », a dit Brigitte Sansoucy, même si le document relève davantage de l’« utopie » pour elle.

La députée a également animé un échange sur les paradis fiscaux dans le cadre du congrès, quelques jours après le ­dévoilement de l’affaire des Panama ­Papers, avec comme invités l’auteur Alain Deneault, le documentariste Harold Crooks et l’économiste Angella MacEwen.

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