6 octobre 2011
C. difficile : la conclusion
Par: Martin Bourassa

Si la tendance se maintient, la crise du C. difficile qui a frappé l’hôpital de Saint-Hyacinthe à l’automne 2006 trouvera son aboutissement à la fin novembre 2011.

Si la tendance se maintient, la crise du C. difficile qui a frappé l’hôpital de Saint-Hyacinthe à l’automne 2006 trouvera son aboutissement à la fin novembre 2011.

À moins d’une surprise, un juge devrait bientôt approuver l’entente de règlement conclue entre les assureurs de l’hôpital et les avocats qui représentent les proches des victimes passées, vivantes ou décédées. Le recours collectif devrait se régler à l’amiable, même si cette conclusion ne ramènera personne à la vie. C’est un dénouement hautement prévisible pour tous ceux qui ont suivi cette crise et ses coulisses, ainsi que les audiences publiques qui ont suivie.À titre de lecteurs assidus du Courrier, vous étiez aux premières loges. Vous avez donc eu un accès privilégié à des documents qui n’ont même pas été présentés lors des audiences publiques et vous avez appris en exclusivité dans nos pages, la semaine dernière, la conclusion imminente de cette affaire.Il faut dire que les assureurs de l’hôpital avaient tout intérêt à la régler proprement, compte tenu des conclusions sévères et troublantes de la coroner Rudel-Tessier à l’endroit du centre hospitalier et de son ancienne administration. « On ne peut passer sous silence la déficience dans la gestion quotidienne de l’Hôpital et son importance dans la survenue de l’éclosion de l’été 2006 (…) la direction n’a pas accordé à ce dossier l’importance qu’il méritait (…) (les gestionnaires) ignoraient ce qui se passait dans l’hôpital et notamment les déficiences dans la désinfection des locaux. »Je ne suis pas avocat, ni assureur, mais cela saute aux yeux que l’hôpital n’avait rien à gagner, sinon tout à perdre, d’un procès long, pénible et inutile étant donné l’ampleur des manquements connus et documentés. Même que l’hôpital Honoré-Mercier semble s’en tirer à bon compte finalement. Le règlement tournera autour de 1 M$. On connaîtra dans quelques semaines la ventilation des dédommagements moraux et autres, sauf qu’à première vue il y aura sans doute un peu, voire peut-être pas mal d’insatisfaction du côté des plaignants. D’autant plus que leur avocat estimait la valeur potentielle du recours collectif entre 5 et 10 millions de dollars lors de son dépôt à l’été 2008. On est donc loin du compte. Mais on a épargné de longues procédures inuties qui nous auraient confirmé ce que l’on savait déjà au terme de l’enquête publique.Du côté de l’hôpital, on regarde désormais de l’avant. Enfin. On a mis en place des procédures et des protocoles qui semblent efficaces pour enrayer ou limiter de nouvelles infections et on se compare désormais avantageusement aux autres centres hospitaliers. Et aux meilleurs.Mais ce n’est pas avec un règlement hors cours que notre hôpital va laver sa réputation, mais dans ses actions et ses gestes quotidiens à l’interne. Et à long terme.C’est uniquement de cette façon que nous rendrons hommage aux victimes.Pas avec de l’argent et des dédommagements.

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