5 mai 2016
Démission de Pierre Karl Péladeau
« Ça m’a coupé les jambes » – Léandre Dion
Par: Benoit Lapierre
« Ça m’a coupé les jambes » - Léandre Dion

« Ça m’a coupé les jambes » - Léandre Dion

Léandre Dion

Léandre Dion

Émilien Pelletier

Émilien Pelletier

Les deux anciens députés péquistes de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée nationale, Émilien Pelletier et Léandre Dion, ont réagi de façon quelque peu différente à la démission surprise du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau.

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M. Dion a paru le plus abasourdi des deux. Il tient M. Péladeau en haute estime et manifestement, son départ soudain l’attriste beaucoup. « J’ai appris ça tantôt et ça m’a coupé les jambes. J’avais une grande confiance en ce nouveau chef, aussi pour ses grandes compétences en économie. Il a vécu en Allemagne, en France, il possède une vision étayée des problèmes et une bonne connaissance des gens qui interviennent sur la chose publique un peu partout dans le monde. Pour être chef de parti, il faut cette compétence-là, cette profondeur de vue sur l’être humain. Et politiquement, les gens commençaient à l’accepter », a-t-il confié lundi, peu après la déclaration-choc de M. Péladeau.

Émilien Pelletier, qui avait appuyé ­Martine Ouellet l’année dernière dans la course à la direction du Parti ­québécois, a commenté la nouvelle avec un peu moins d’émotion que M. Dion. « C’est surprenant pour moi. C’est sûr que c’est décevant de perdre un chef à deux ans des élections, mais au Parti ­québécois, on en a vu d’autres. M. Péladeau a pris une décision courageuse en choisissant sa famille. Il a su amener du sang nouveau au parti, et il l’a ouvert à la convergence souverainiste », a-t-il déclaré d’entrée de jeu.

Ce qu’il souhaiterait maintenant, c’est qu’il y ait consensus des membres dans le choix du prochain chef, homme ou femme, ou que la prochaine course à la direction soit de courte durée. « On connaît les personnes qui se ­démarquent, je pense à Véronique Hivon, Sylvain Gaudreault, Bernard Drainville, Alexandre Cloutier, qui a été la plus grande surprise de la dernière course. Mais moi, je ne me prononcerai pas tout de suite. »

Léandre Dion constate aussi que ce n’est pas la relève qui manque au PQ. « J’en vois plusieurs : Jean-François Lisée, Alexandre Cloutier, Véronique Hivon, Bernard Drainville, et il y en a d’autres. Il faut quelqu’un de compétent, avec un niveau de charisme élevé pour aller chercher la confiance de la ­population. »

Le projet souverainiste ne souffrira pas des derniers événements, prédit-il. « Je ne suis pas découragé, parce que je ne vois pas d’autre solution pour le Québec. Il n’y a pas un seul autre endroit dans le monde où un peuple qui avait la possibilité d’exister comme peuple a dit non à ça. On voit ce que ça donne à Montréal, où la langue française devient secondaire. »

Selon lui, les confidences amoureuses de Julie Snyder à l’émission Tout le monde en parle, dimanche, ne sont pas étrangères au choix de M. Péladeau de mettre fin abruptement à sa jeune carrière politique. « On ne peut pas douter de la sincérité des propos de Julie Snyder », estime-t-il.

M. Dion a été député de Saint-­Hyacinthe de 1994 à 2007, tandis que M. Pelletier lui a succédé comme député du Parti québécois de 2008 à 2014.

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