18 octobre 2018
Cannabis : les Maskoutains ne peuvent en acheter localement pour l’instant
Par: Martin Bourassa
Photo François Larivière | Le Courrier ©

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les Maskoutains qui veulent se procurer du cannabis, en vente légalement depuis hier au Canada, doivent se rabattre sur Internet ou encore se rendre à l’extérieur de Saint-Hyacinthe pour en dénicher dans les commerces autorisés.

La Société québécoise du cannabis (SQDC), rattachée à la Société des alcools du Québec (SAQ), n’a pas installé de point de vente en sol maskoutain et rien n’indique qu’elle le fera à court terme. Aucune demande n’est parvenue à ce jour à l’hôtel de ville de Saint-Hyacinthe, interlocuteur privilégié de la SQDC dans ce dossier, a indiqué le service des communications. Il faut savoir que la société d’État implique les municipalités dans le processus de localisation de ses succursales.

Questionné à ce sujet par LE COURRIER, le maire Claude Corbeil a indiqué que la Ville de Saint-Hyacinthe était toujours en réflexion concernant tout le dossier du cannabis. Personnellement, il ne semblait pas faire de l’ouverture d’une succursale de la SQDC une grande priorité, redoutant plutôt les effets indésirables qui viendraient avec la légalisation. « Comme père et grand-père, c’est assez préoccupant », disait-il.

La Ville de Saint-Hyacinthe s’est jusqu’ici attardée à revoir la réglementation en vigueur afin d’encadrer l’usage du cannabis et la vente de ses produits (voir autre texte en page 5).

Pour la première étape de son plan de développement, la Société québécoise du cannabis a prévu la mise en place d’une vingtaine de points de vente qui devaient être accessibles dès cette semaine, en plus de la vente en ligne. À proximité de Saint-Hyacinthe, des villes comme Drummondville, Brossard et Saint-Jean-sur-Richelieu font partie des municipalités qui figurent dans la première phase de développement.

De nouveaux points de vente verront le jour progressivement d’ici 2020 pour répondre aux besoins du marché, assure toutefois la SQDC. L’hebdomadaire L’Oeil Régional indiquait dans une récente édition que la SQDC avait approché la Ville de Belœil à la fin du mois d’août en vue d’implanter un point de vente sur ce territoire, possiblement en bordure de l’autoroute Jean-Lesage.

Est-ce que la Ville de Saint-Hyacinthe est dans la mire de la SQDC? Impossible de le savoir pour l’instant. « Il y aura des annonces de nouvelles succursales pratiquement toutes les semaines, mais nous ne dévoilerons pas publiquement notre plan ni l’état de nos discussions avec les municipalités visées. Nous voulons déployer le réseau sur l’ensemble du territoire, mais dans un premier temps, nous allons là où nous sommes désirés d’abord. Certaines municipalités comme Laval n’ont pas manifesté leur intérêt à accueillir un point de vente lors de la première vague d’ouvertures, alors nous concentrons nos énergies ailleurs », a expliqué Mathieu Gaudreault, porte-parole de la Société des alcools du Québec, en rappelant que les villes intéressées par un point de vente doivent d’abord adapter leur réglementation au besoin, en décidant où cette activité commerciale pourra être permise ou interdite sur leur territoire.

Lundi soir, à la séance publique du conseil, les élus ont justement lancé ce processus. Règle générale, une succursale de la SQDC s’installe dans des locaux de 2000 pieds carrés situés à plus de 250 mètres d’une école primaire. Il n’est cependant pas impossible que le gouvernement caquiste fraîchement élu modifie les règles en vigueur, ce qui a incité la SQDC à retarder temporairement le déploiement de son réseau.

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