9 mai 2019
Casavant Frères passe entre les mains d’un musicien
Par: Jean-Luc Lorry

De réputation internationale, le célèbre facteur d’orgues maskoutain Casavant Frères vient de changer de mains. Photothèque | Le Courrier ©

Les destinées du facteur d’orgues maskoutain d’envergure mondiale Casavant Frères seront confiées à Simon Tétreault, un musicien québécois qui réside à Beloeil, a appris LE COURRIER.

Vendredi midi, ce changement de garde majeur a été annoncé aux employés comme étant une vente de l’entreprise en voie d’être finalisée avec M. Tétreault. Selon nos informations, ce joueur de trombone natif de Joliette a fait partie de l’orchestre symphonique de Macao, en Chine, d’avril 2011 jusqu’à tout récemment.

« Comme la transaction n’est pas finale, l’entreprise ne publiera aucun communiqué de presse ni n’accordera d’entrevues. Je peux seulement vous confirmer que des intérêts québécois sont en phase de devenir propriétaires de l’entreprise », a indiqué au COURRIER Jean-Christian Céré, président et chef de l’exploitation de Casavant Frères, sans divulguer d’autres détails.

La carrière de Simon Tétreault est présentée sur le site Internet de l’orchestre de Macao. Il a étudié le trombone d’abord au Conservatoire de musique de Genève, puis au Conservatoire de musique du Québec où, en 2009, il a reçu le Premier prix de trombone avec grande distinction. Au cours de sa carrière, ce musicien classique a fait partie de divers orchestres et ensembles de musique de chambre en Asie, en Europe ainsi qu’en Amérique du Nord.

Selon l’édition 2018 du guide des entreprises manufacturières de Saint-Hyacinthe, Casavant Frères compte 59 travailleurs dans ses ateliers et 18 employés de bureau. Les employés de Casavant Frères sont syndiqués auprès de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Société en commandite

Le jour de l’annonce de la vente aux employés, une mise à jour a été apportée au Registraire des entreprises du Québec.

Sur le document d’immatriculation de l’entreprise accessible en ligne, on peut lire que Casavant Frères est maintenant une société en commandite qui regroupe trois associés.

Gescolynx, une société de portefeuille appartenant à l’homme d’affaires Bertin Nadeau, et le Fonds de solidarité FTQ agissent comme commanditaires. Une société à numéro immatriculée le 29 mars dernier et appartenant à Simon Tétreault est désignée comme commandité.

Le site Web du Réseau juridique québécois précise qu’un commandité est une personne physique ou morale qui administre en exclusivité la société et qui est responsable de toutes ses dettes et obligations à l’égard des tiers. Quant aux commanditaires, ils sont également des personnes physiques ou morales qui fournissent un apport à la société, mais à qui la loi interdit de participer à son administration.

En juillet 2012, le Fonds de solidarité FTQ avait investi 2 M$ dans Casavant Frères. « L’engouement pour la musique classique se répand à travers le monde et stimule les grandes villes à construire de belles salles de concert. C’est le cas pour 40 grandes villes de Chine. Grâce au Fonds, Casavant va pouvoir se positionner avantageusement dans ces nouveaux marchés », avait alors commenté Bertin Nadeau, président du conseil d’administration et propriétaire de Casavant Frères au cours des 43 dernières années.

Présence mondiale

Casavant Frères rayonne sur la scène internationale en réalisant des instruments qui, selon le site Web de l’entreprise, prendront la direction des États-Unis, de la Chine, de Macao et de la Corée du Sud.

En 2011, l’entreprise a fabriqué un orgue, l’Opus 3891, qui était destiné à l’église Saint-Lazare de Macao.

Parmi ses pièces majeures, on doit au prestigieux facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe la fabrication du Grand Orgue Pierre-Béique de la Maison Symphonique de Montréal. Cet instrument hors normes est composé de 6489 tuyaux, dont les plus imposants mesurent jusqu’à 32 pieds.

Casavant Frères a été fondée en 1879 par les frères Joseph-Claver et Samuel-Marie, fils de Joseph Casavant qui exerçait lui-même le métier de facteur d’orgues.

Avec la collaboration de Benoit Lapierre.

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