18 juin 2015
Casser le party
Par: Martin Bourassa
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Même si certaines personnes en sont convaincues, Le Courrier ne raffole pas des mauvaises nouvelles. Nos journalistes ne courent pas après et n’ont pas un quota de mauvaises nouvelles à atteindre chaque semaine.

Parmi les choses qu’ils détestent faire par-dessus tout, c’est bien d’écrire une manchette sur un accident mortel au lendemain d’un bal de finissants.

Aucun journaliste ne trépigne d’excitation à l’idée d’appeler des parents ou un directeur d’école éplorés pour faire l’éloge d’un adolescent qui avait la vie devant lui. Malheureusement, nous l’avons fait en 2006 pour deux finissantes de l’École secondaire Saint-Joseph. Et nous avons refait le même cheminement à la suite du décès d’un autre finissant de cette école à quelques heures de son bal en 2009.

C’est deux fois de trop, je vous le confirme. C’est aussi ce que s’est dit Yves Frenette en 2007 quand il a instauré un service de raccompagnement à l’intention des finissants éméchés, fatigués ou tout simplement prudents. Le but de ce Nez rouge des finissants était de limiter les risques de tragédie. Et c’est pour cela que depuis tout ce temps, il était toujours fidèle au poste avec une poignée de bénévoles à l’entrée du camping de Saint-Pie, lieu de rassemblement prisé et isolé des finissants maskoutains.

À l’aube d’une huitième année, M. Frenette a toutefois été catastrophé d’apprendre que les traditionnels après-bals des écoles secondaires publiques et privées de Saint-Hyacinthe ne se dérouleront pas au camping de Saint-Pïe cette année.

Et nous le sommes tout autant que lui. On croit comprendre que le propriétaire du site ne veut pas avoir de problème avec les autorités. Il faut savoir qu’au cours de la dernière année, la municipalité de Saint-Pie à resserrer sa règlementation concernant les événements spéciaux et les rassemblements sur son territoire, en interdisant entre autres la musique après 11 h, sous peine d’amendes. Le but était d’encadrer par la bande les activités comme les après-bals et de donner aux policiers les moyens de leurs ambitions en matière de prévention ou de répression.

On devine que le voisinage somme toute limité du camping de Saint-Pie a dû apprécier cette initiative municipale qui sonne le glas des après-bals à cet endroit. Finies la musique jusqu’au petit matin et la crainte de vandalisme.

À ma connaissance toutefois, il n’y a jamais eu de grands débordements ou d’excès déplacés lors des après-bals de Saint-Pie. Il faut dire que la Sûreté du Québec veillait habituellement au grain à la seule entrée du camping et que cela se savait.

Nos finissants 2015 devront donc se trouver un site de remplacement.

Au lieu de se rassembler par centaines à Saint-Pie, ils risquent fort de se disperser par dizaines aux quatre coins de la MRC, et même à l’extérieur. La SQ et M. Frenette ne sont donc pas au bout de leurs peines. Car au lieu de tenter de circonscrire le problème posé par les grands rassemblements de Saint-Pie, on multipliera d’autant les risques d’incidents malheureux. En tant que rédacteur en chef du Courrier, je n’ai pas trop envie de célébrer. Comme parent d’une finissante de secondaire 5, encore moins…

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