10 mai 2012
Cent ans de sports à Saint-Pie (2)
Par: Le Courrier
Publicité sur les courses de chevaux à Saint-Pie en 1946. Archives CHSH.

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Un moment d’amusement au coeur de l’été

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La grande tradition des courses de chevaux à Saint-Pie débute avec l’utilisation du nouveau rond pour une première fois, les 16 et 17 juillet 1885. Lors de la première journée, plus de 600 spectateurs assistent aux épreuves. Les propriétaires de chevaux proviennent de Saint-Hyacinthe, de Sorel, de Beloeil, de Saint-Pie, de Saint-Damase et de Milton. Les gagnants se partagent plus de 200 dollars attribués aux trois premiers arrivants des six courses présentées.

Parmi les participants locaux, le cheval Cock, de monsieur Édouard Bousquet, termine troisième lors de la 4 e course ainsi que lors de la course pour toute catégorie (free for all). Les gains de monsieur Bousquet se chiffrent alors à 14 $. Lors de course de chevaux de boghei, Bayard de monsieur Octave Désautels franchit le fil d’arrivée en première position tout juste devant Belley de monsieur J.-B. Tétreault.Le succès remporté en juillet est tel que les organisateurs récidivent quelques semaines plus tard à la fin septembre. Même si le mauvais temps compromet les épreuves de la deuxième journée, on se passe le mot chez les propriétaires de chevaux. Dès lors, ils proviennent de différentes parties de la province et quelques-uns s’amènent des États-Unis, car les grandes courses de Saint-Pie sont bien « exécutées et réglées » et le tout se déroule dans l’ordre, sans incident fâcheux. Elles attirent de nombreux spectateurs qui se rendent à Saint-Pie par la route et par le chemin de fer, mais également à bord des bateaux à vapeur Yamaska et Aigle. Pendant quelques années, on organise des compétitions deux fois l’an. Puis, en 1902, pour la première fois, les courses sont présentées au milieu du mois d’août. Plus tard, au début des années 1920, même si les courses se déroulent à la fin juillet à l’occasion, on adopte principalement le début du mois d’août pour présenter le programme des courses. En 1907, les propriétaires d’hippodromes de la région se réunissent afin de former une association en vue d’adopter une réglementation uniforme et d’élaborer un calendrier. On observe alors les règles de la « National Trotting Association ». À compter de 1926, l’hippodrome de Saint-Pie fait partie du Circuit de la Vallée du Saint-Laurent qui compte également les localités de Valleyfield, de Trois-Rivières, de Sherbrooke, de Québec et de Sainte-Scholastique. Le programme de Saint-Pie étant le premier au calendrier, les propriétaires de chevaux s’y rendent quelques semaines à l’avance afin de parfaire l’entraînement de leurs chevaux. Les installations de l’hippodrome sont quelquefois insuffisantes, car la capacité d’accueil est d’une centaine de chevaux. On requiert alors les écuries disponibles dans la localité. La popularité des courses de 1928 démontre la grande effervescence qui se déroule dans le village à cette occasion. Cette année-là, entre 125 et 150 chevaux participent au programme qui se déroule sur trois jours. Les gagnants des neuf épreuves se partagent des bourses de plus de 4 100 $, ce qui constitue un montant total jamais égalé à l’hippodrome de Saint-Pie.

Un moment d’amusement au coeur de l’été

Au fil du temps, les propriétaires de l’hippodrome de Saint-Pie trouvent de nouvelles « attractions » afin d’attirer le plus grand nombre de spectateurs possible. À partir de 1919, et pendant quelques années, des soirées dramatiques et musicales, jouées au profit des oeuvres paroissiales, sont présentées à la Salle Publique lors des journées de courses.

Sur le terrain de l’hippodrome, on améliore constamment les installations et, peu à peu, s’instaure un véritable climat de fête foraine. Les visiteurs peuvent ainsi s’amuser lors d’une tombola, faire des tours de manèges comme le carrousel et la grande roue et ils peuvent également exercer leurs habilités à différents jeux d’adresse. En 1922, on note même la présence d’un cirque. Quelques années plus tard, en 1939, on illumine le terrain en soirée et en plus des concerts de fanfare, on projette des « représentations cinématographiques françaises ». Malgré le climat d’incertitude et les affres de la Seconde Guerre mondiale, les chevaux courent toujours à Saint-Pie. Bien que les bourses accordées soient moins alléchantes qu’auparavant, les propriétaires du rond de course améliorent la piste, bâtissent de nouvelles stalles et repeignent les installations. En ces temps malheureux, on fait tout ce qui est possible pour amuser la population. Voilà un des objectifs du sport-spectacle : divertir, sans plus! En 1942, 3 000 spectateurs avides d’amusements s’entassent dans les estrades pour voir trotter les meilleurs chevaux de la province.La terre sur laquelle était situé l’hippodrome est vendue à monsieur Léo St-Jacques en 1953. Dès lors, c’est la fin d’une belle époque, où le village de Saint-Pie vivait une grande animation au coeur de l’été. À suivre…

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