17 janvier 2013
Centre de congrès : un pensez-y bien
Par: Martin Bourassa
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L’idée circule depuis un petit moment déjà et si ce n’était du conflit de travail qui perturbe les activités de l’Hôtel des Seigneurs, elle serait sans doute brûlante d’actualité : l’acquisition par la Ville de Saint-Hyacinthe du centre de congrès.

Est-ce une bonne ou une mauvaise idée? Pour répondre à cette question, il faudrait avoir un peu plus de détails, voir les livres. Mais c’est certainement une idée qui mérite d’être étudiée, analysée, décortiquée et surtout débattue.Il est quand même assez ironique de constater que la Ville de Saint-Hyacinthe envisage de devenir propriétaire d’un équipement privé comme le centre de congrès, au moment où elle semble prête à céder au privé un équipement public, à savoir un aréna, non?Si la Ville n’arrive pas à rentabiliser un aréna, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle fasse des miracles dans la restauration et l’organisation de congrès. Et qu’elle réussisse à faire des profits substantiels là où une grosse entreprise a échoué.Ne nous faisons pas d’accroire, si le centre des congrès de l’Hôtel des Seigneurs était une petite mine d’or, jamais son propriétaire actuel n’envisagerait de s’en débarrasser.La question est plutôt de savoir pourquoi cette infrastructure ne réussit pas davantage à se démarquer. Ceux qui fréquentent l’endroit régulièrement ont une bonne partie de la réponse : parce que son propriétaire s’est assis sur son investissement au lieu de chercher constamment à le faire fructifier et à se démarquer. Ce constat brutal s’applique autant au centre de congrès qu’à l’Hôtel des Seigneurs. Ces deux établissements ont besoin d’une sérieuse mise à niveau, donc d’investissements majeurs. On ne peut pas miser éternellement sur son emplacement stratégique pour séduire l’industrie des congrès et le tourisme d’affaires. Pas dans un environnement devenu hautement concurrentiel. On a besoin d’offrir une expérience intégrée de premier plan, autant au niveau de l’hébergement que de la logistique des congrès.Cela dit, un centre de congrès qui est la propriété d’une ville n’est pas une aberration de l’esprit. Il y a des réussites sur lesquelles s’inspirer, comme à Lévis par exemple.Saint-Hyacinthe a tout à gagner d’un centre des congrès à la fine pointe et achalandé. À vrai dire, la fermeture pure et simple de cet équipement serait une catastrophe économique majeure pour la région de Saint-Hyacinthe. Rien de moins.Est-ce que le sauvetage passe par la Ville de Saint-Hyacinthe? Peut-être, d’autant plus qu’en devenant un équipement municipal, il serait peut-être possible de solliciter des subventions gouvernementales, ce que le privé ne peut pas vraiment faire.Mais avant de s’engager dans cette direction, la Ville doit faire ses devoirs. Il faudra aussi que le vendeur fasse preuve de bonne volonté. Ce qui signifie qu’il donne son centre des congrès pour une bouchée de pain et qu’il s’engage à investir au minimum deux bonnes dizaines de millions dans la mise à niveau de son hôtel.Ce serait le point de départ de ma négociation, voire du partenariat à établir entre les deux parties. C’est loin d’être acquis si vous voulez mon avis.Bref, acheter peut-être, mais pas à n’importe quel prix. À prix d’aubaine.Mais pour l’instant, la priorité doit être la résolution rapide de cette maudite grève.

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