4 octobre 2018
Centre-ville : manque de vision
Par: Le Courrier

Ce n’est pas tous les jours que les éditeurs de journaux prennent la parole pour dénoncer une situation. Mais quand ils le font, comme Benoit Chartier l’a fait dans Le Courrier du 13 septembre, c’est parce qu’ils jugent la situation tellement grave qu’ils ne peuvent rester silencieux.

M. Chartier a entièrement raison. Tous les gens qui ont à cœur notre centre-ville se rendent compte que celui-ci ne va pas bien, à tel point qu’on peut se demander si le patient n’est pas condamné. J’en suis, moi qui ai acheté l’an dernier une maison qui se trouve à un jet de pierre du centre-ville (à un jet de rivière, en fait) et qui y travaille maintenant à temps plein.

À mon avis, le principal problème du centre-ville est le manque de vision de notre administration municipale. Les gestes qu’elle a posés depuis cinq ans le démontrent bien.

Bien sûr, on nous dit que la Ville a plein de projets dans ses cartons. On refait actuellement une cure de beauté au Marché public, on veut refaire le parc Dessaulles et on veut y relocaliser plusieurs organismes culturels. Est-ce que ces investissements auront un impact sur le dynamisme du quartier? Permettons d’en douter.

Rappelons qu’il y a un an, on était en plein délire provoqué par la venue de Réseau Sélection. Le projet a divisé les Maskoutains comme on ne l’avait pas vu depuis longtemps. Résultat? Aujourd’hui, si le projet semble mort et enterré, la Ville a quand même acheté tout un quadrilatère pour démolir les immeubles et aménager encore plus de stationnements. Entre nous, ce n’est pas cela qui va revitaliser le centre-ville.

On pourrait aussi citer la Promenade Gérard-Côté, un projet tellement pharaonesque (30 millions $!) qu’on doute qu’il ne se réalise jamais. Pendant qu’on ne fait rien, la promenade est dans un tel état de décrépitude que c’en est une honte.

Ah oui! J’oubliais les fameux horodateurs. Cette nouvelle technologique n’est pas un désastre, même si beaucoup de gens ne s’y habituent toujours pas. Par contre, l’objectif de départ de la Ville était d’amener plus d’argent dans ses coffres. À l’arrivée, non seulement la Ville a dû enlever une partie de ses appareils pour calmer la grogne, mais ceux-ci sont moins payants qu’elle le pensait.

Il est possible de renverser la vapeur. La Ville pourrait retirer ses horodateurs, investir dans ses rues et trottoirs ou dans l’enfouissement des fils électriques. Est-ce que cela ramènera la population dans le quartier? On peut en douter.

Nous avons tout avantage à nous doter d’un plan d’action précis. Un plan qui s’attarde sur tous les aspects du centre-ville : sa vocation commerciale, résidentielle, institutionnelle, culturelle, environnementale même. Un plan auquel tous les intervenants pourraient adhérer.

Peut-être qu’il faudrait des états généraux sur le centre-ville ou une planification stratégique, appelons-le comme on le voudra. Benoit Chartier a lancé un cri du cœur. Ne laissons pas passer l’occasion avant qu’il soit trop tard. Nous avons un beau centre-ville, avec des atouts importants. Il n’en tient qu’à nous de le rendre encore meilleur. 

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