6 décembre 2018
Grande région de Saint-Hyacinthe
Certaines terres agricoles vendues plus de 60 000 $ l’hectare
Par: Jean-Luc Lorry
Depuis 35 ans, Sylvain Trépanier est actif dans la vente et l’achat de propriétés agricoles.

Depuis 35 ans, Sylvain Trépanier est actif dans la vente et l’achat de propriétés agricoles.

Vue aérienne de terres agricoles sur le territoire de Saint-Damase. Photo Sébastien Deraspe

Vue aérienne de terres agricoles sur le territoire de Saint-Damase. Photo Sébastien Deraspe

Des données obtenues par LE COURRIER auprès de courtiers immobiliers spécialisés dans la vente de terres agricoles démontrent que le prix d’une terre agricole sur le territoire de Saint-Hyacinthe a augmenté de près de 200 % en l’espace de 10 ans. 

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« Actuellement, une terre agricole située sur le territoire de Saint-Hyacinthe se transige entre 40 000 $ et 60 000 $ l’hectare indique, Sylvain Trépanier, expert en immobilier agricole. Le prix fluctue selon la qualité de la terre, la localisation, le drainage et si le nivelage a été effectué. »

Dernièrement, M. Trépanier a vendu une terre agricole à Upton au prix de 58 400 $ l’hectare et une autre à Saint-Liboire au montant de 43 500 $ l’hectare.

Actif sur le marché de la vente de propriété agricole depuis 35 ans, Sylvain Trépanier a observé les prix grimper en flèche au fil des années.
« Il y a 10 ans, le prix d’une terre à l’hectare à Saint-Hyacinthe se situait entre 20 000 $ et 25 000 $ », précise M. Trépanier.

Selon David Couture et Sara de Grady, deux courtiers immobiliers spécialisés dans la vente de ferme et de terre agricole, la valeur moyenne d’une terre agricole en 2018 dans la grande région de Saint-Hyacinthe oscille entre 17 000 $ et 18 000 $ l’arpent cultivable (soit entre 49 640 $ et 52 560 $ l’hectare).
« Certaines terres peuvent se vendre jusqu’à 21 000 $ l’arpent cultivable [61 320 $ l’hectare]. Dans ce cas, on parle d’une belle terre d’environ 100 arpents d’argile drainée aux 30 pieds, entièrement nivelée au laser et comportant de belles grandes parcelles longues faciles à cultiver », mentionne Sara de Grady.

Depuis 2010, David Couture et Sara de Grady ont vendu près de 500 propriétés agricoles à l’échelle du Québec.

Dans le cadre d’une relève agricole, Kévin Richard, expert en agroéconomie, estime impensable que de telles sommes puissent se dépenser pour un transfert de propriétés terriennes.

« Lors d’un transfert de fonds de terre pour la relève agricole, les prix sont moins élevés de l’ordre de 25 % à 50 %. Sur le marché actuel de la vente, il n’y a pas de rentabilité à faire les 30 premières années », considère M. Richard.

Supplément versé si possible dézonage

Une terre agricole vendue à des fins résidentielles ou industrielles peut entraîner le versement d’un supplément pour le vendeur.

« Cette prime tient compte du potentiel de la terre agricole visée. Elle est généralement versée avant que celle-ci fasse l’objet d’une demande de dézonage », précise Sylvain Trépanier.

En 2009, la Ville de Saint-Hyacinthe avait déboursé 2,9 M$ (67 500 $ l’hectare) pour acquérir 43 hectares de terres agricoles destinés à des fins d’agrandissement d’un parc industriel.

Sara de Grady n’a pas souhaité exprimer son opinion sur le prix payé par la municipalité.

« Il est difficile de me prononcer sur cette transaction. J’imagine que la municipalité avait un projet concret pour rentabiliser cet investissement », estime cette agente immobilière.

Dix ans après cette transaction, la Ville de Saint-Hyacinthe souhaite maintenant obtenir le feu vert de la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour permettre à l’entreprise Exceldor de construire, sur un terrain longeant l’avenue Pinard, une nouvelle usine d’abatage de volaille.

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