12 décembre 2019
Subventionner l’achat de couches lavables
C’est coton
Par: Martin Bourassa

Dans la catégorie jeu de mots facile de la semaine, permettez que j’en rajoute une couche (!) justement à propos de la décision de la Ville de Saint-Hyacinthe de mettre fin à son programme de subventions pour les couches lavables. L’incitatif prenait la forme d’une remise de 150 $ à l’achat d’un ensemble de couches lavables pour bébés.

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Cette initiative municipale était apparue en 2010 et nombre de Municipalités au Québec ont fait de même depuis. Certaines s’ajoutent encore régulièrement, mais les cas de Municipalités qui sabrent ce programme après l’avoir offert, comme va le faire Saint-Hyacinthe en janvier, sont plutôt rares, il me semble. Nous sommes encore des pionniers!

La Ville justifie cette abolition en disant que le virage aurait maintenant été négocié par la nouvelle génération de parents, donc qu’une telle mesure est moins nécessaire.

Je n’en suis pas aussi convaincu, mais il faut dire que je suis de la génération des dinosaures. Moi, il aurait fallu me payer – et bien plus que 150 $ – pour que je succombe aux charmes économiques et écologiques des couches coton, même si je ne nie aucunement leur nécessité sur le plan environnemental. Ma fille et son conjoint devraient d’ailleurs faire cet effort en janvier ou en février. Je leur souhaite de s’inscrire au programme d’ici la fin du mois, du bonheur au coton… et surtout un bébé en santé!

Il y a donc de l’évolution, mais une révolution? À en croire la Ville, l’incitatif a atteint sa cible. Elle avait servi sensiblement le même argument lorsqu’elle a mis fin plus discrètement à son incitatif pour l’achat de toilette écologique.

Si le virage en faveur des couches en coton a été pris, cela ne paraît pas trop dans les finances municipales. En neuf ans, écrivait le journaliste Rémi Léonard, à peine 279 citoyens ont bénéficié de cette aide financière, soit une moyenne de 31 personnes par année. Cela représente une dépense de moins de 42 000 $ sur neuf ans, et une économie annuelle d’environ 4650 $ pour la Municipalité une fois le retrait confirmé, sur un budget global qui tourne autour de 105,5 M$. Risible comme économie.

C’est surtout sur le plan de l’image que cette décision fera mal à la Municipalité, elle qui peine déjà à convaincre les jeunes Maskoutains qu’elle se soucie véritablement de l’environnement, de réchauffement climatique et de pacte vert.

Mais au-delà de ces considérations, il est quand même permis de se demander si le fait de subventionner l’achat de couches, et plus largement encore la récupération de l’eau de pluie, l’économie d’eau ou la distribution d’arbres, est une responsabilité municipale. Cela donne bonne conscience, mais est-ce que toutes ces mesures doivent être forcément financées par les Municipalités? Ici, votre réponse est aussi bonne que la mienne. Mais une dernière chose : offrir de tels incitatifs verts donne peut-être aux élus bonne conscience, mais les promouvoir auprès d’un large public est aussi primordial.

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