6 août 2015
C’est (déj��) parti!
Par: Martin Bourassa
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Long, ce sera long longtemps.

Dimanche, Stephen Harper a lancé le pays en campagne ­électorale, une opération de quelque 500 millions qui s’étirera sur 11 semaines d’ici les toutes premières élections à date fixe du Canada, le 19 octobre. Enjoy!

Des élections à date fixe c’est bien beau, mais on se dit maintenant qu’une ­campagne à durée déterminée et limitée serait encore mieux. Déjà qu’une ­campagne de 37 jours n’est pas très ­excitante à couvrir en région, imaginez un peu l’ennui qui nous guette.

On va donc modérer nos ardeurs et notre couverture jusqu’à la rentrée.

Cela dit, il est quand même permis de prendre la température de l’eau à ce ­moment-ci.

Car bien malin qui pourrait prédire le ­résultat d’une si longue campagne, tant au niveau national que dans le comté de Saint-Hyacinthe/Bagot, même si on aurait ­tendance à accorder une longueur d’avance au NPD dans la région et même au pays, à la lumière des derniers résultats dans le ­comté et d’un récent sondage du Toronto Star qui donne une priorité de 11 points au parti de Tom Mulcair devant les ­conservateurs.

L’élection d’un gouvernement orange n’est donc pas exclue, possibilité qui a pourtant longtemps paru comme étant quelque chose d’incongru. Et même s’il est encore très tôt, l’élection d’un ­gouvernement majoritaire n’est pas encore assurée. L’idée d’un gouvernement de ­coalition n’est pas à écarter, pas plus qu’un quatrième mandat conservateur. C’est dire à quel point tout peut arriver.

Plusieurs variables risquent d’influencer les tendances et les sondages d’ici au 19 octobre. Il faudra voir comment réagira le jeune chef libéral Justin Trudeau dans une campagne longue et éreintante sous le feu constant des projecteurs.

Du côté conservateur, on devra surtout combattre la volonté de changement ­naturel de l’électorat et espérer marquer des points au Québec pour s’accrocher au pouvoir. Pour l’instant, la stratégie ­conservatrice semble consister à acheter des votes, comme au temps de Duplessis. On a en effet multiplié les annonces ­d’investissements dans des comtés ­stratégiques. Quelques jours après la fuite voulant que l’ex-journaliste de TVA, ­Réjean Léveillé, se présente dans le ­comté, Ottawa annonçait des travaux de 2,2 M$ au manège militaire de Saint-­Hyacinthe. Il faudra sans doute bien plus que cela pour donner des ailes au ­candidat Léveillé.

Du côté du NPD, il faudra voir ce qu’il restera de la vague orange de 2011 et si le chef Tom Mulcair peut séduire et convaincre autant que Jack Layton. Le NPD aura fort à faire pour répéter son ­exploit de 2011 au Québec où il avait fait élire pas moins de 58 députés, dont ­d’illustres inconnus. Les récents succès du NPD sur la scène provinciale en Alberta devraient aussi lui donner un peu d’élan dans l’Ouest canadien.

Au niveau de la région, la campagne sera une fois de plus à la remorque de ce qui se passera sur la scène nationale. La qualité des candidats et des campagnes de ­terrain n’ayant certes plus leur impact d’antan sur l’électorat.

Comme nous l’écrivions plus haut, il faut certes donner un avantage certain à la candidate du NPD sur la ligne de départ. Ce sera la troisième tentative de Brigitte Sansoucy et elle espère que ce sera la bonne. Son pire ennemi pourrait ­curieusement venir de l’intérieur puisqu’elle ne pourra pas compter sur la qualité du bilan de sa prédécesseure ­Marie-Claude Morin pour se faire élire. Cette dernière a passé la moitié de son mandat au neutre, elle qui a annoncé son retrait de la vie politique il y a plus d’un an, et après une pause maladie de six mois.

Du côté libéral, on a curieusement misé sur un transfuge du parti conservateur. Candidat pour la troupe de Stephen ­Harper en 2008, René Vincelette avait ­terminé bon deuxième à ce moment, mais à 12 500 voix du Bloc québécois. Il passera sans doute toute la campagne à motiver son changement radical ­d’allégeance.

Pour les conservateurs, le choix d’un ­candidat supposément vedette et ­parachuté n’est pas une garantie de succès. Jean-Guy Dagenais peut en témoigner.

Enfn, souhaitons bonne chance à ­Michel Filion et au chef du Bloc Gilles ­Duceppe. Ils en auront tous les deux grand besoin pour convaincre les électeurs que ce parti qui paraissait déjà usé et inutile en 2011 a retrouvé sa pertinence.

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