23 août 2018
Québec 2018
C’est un départ!
Par: Martin Bourassa

Bon, nous y voilà. Les vacances sont officiellement terminées. C’est aujourd’hui que s’amorce dans l’ensemble du Québec la campagne qui nous conduira jusqu’aux élections du 1er octobre. L’actuel gouvernement libéral a tout à perdre, à commencer par le pouvoir. Il dispose de cinq semaines pour sauver sa peau.

C’est court et long à la fois, si la campagne dérape ou part du mauvais pied comme ce fut le cas pour Philippe Couillard avec l’affaire du remplacement du député François Ouimet et les commentaires de l’ancien premier ministre Jean Charest sur l’improvisation libérale dans ce dossier. Avec un ami comme ça…

Dans les faits, il y a plusieurs semaines que cette première campagne à date fixe au Québec est en cours, si l’on se fie aux annonces déjà effectuées, dont celle sur l’interminable réhabilitation du palais de justice de Saint-Hyacinthe.

Localement, tout ce qui grouille comme candidat s’est aussi fait un devoir de se faire voir à l’Exposition agricole du Québec, passage obligé pour celui ou celle qui aspire à représenter les intérêts des résidants et électeurs du comté. Expo-Champs sera un autre incontournable en ce début de campagne électorale, on vous prévient.On a aussi dénombré ces dernières semaines plusieurs publicités ciblées de la députée Chantal Soucy, autre preuve qu’une campagne était imminente. On a même vu de ses affiches sous le grand chapiteau du Festival du maïs de Saint-Damase.

En ce tout début de campagne, il apparaît donc pertinent d’examiner l’état des lieux. Le plus récent sondage a été publié dans le Journal de Montréal en début de semaine. Il donnait l’avantage à la Coalition avenir Québec (CAQ) avec 36 % des intentions de vote, suivie du Parti libéral du Québec (PLQ) à 30 %, du Parti québécois (PQ) à 18 % et de Québec Solidaire (QS) à 10 %.

Fait à signaler, l’électorat mou formé des électeurs qui branlent dans le manche et qui peuvent changer d’idée d’ici au 1er octobre atteindrait 45 % selon ce récent coup de sonde. Ce qui donne de l’espoir à à peu près tous les partis et fait dire aux analystes que tout peut encore arriver, sauf peut-être de la pluie en abondance au Québec!

Ce sondage confirmait aussi la toute-puissance de la CAQ dans le 450, dont à Saint-Hyacinthe, où Mme Soucy semble inébranlable. On lui accordait une victoire facile avec 46,9 % des appuis. Rappelons qu’elle s’était fait élire il y a quatre ans de ça avec 32,7 % des voix exprimées, une faible majorité de 3 % sur le député sortant, le péquiste Émilien Pelletier.

En prévision des prochaines élections, ce sondage faisait aussi du PQ son principal adversaire, avec la faveur de 21,5 % des électeurs. Suivent le PLQ à 17,7 % et QS à 9,1 %. Autour de Saint-Hyacinthe, une même tendance était observée. On donnait par exemple la CAQ gagnante dans Johnson (48,1 % vs 23,7 % pour le PQ) et dans Borduas (47,8 % vs 24,7 % pour le PQ).

Mais une élection ou une réélection n’est jamais automatique. Dans son rétroviseur, Chantal Soucy devra avoir à l’œil Daniel Breton. Il ne sera pas un client facile pour elle. Il est capable de donner le change si nécessaire. Son organisation est expérimentée et regaillardie par l’investiture qui a propulsé sa campagne de belle façon.

Mais on voit mal comment M. Breton pourrait attaquer Mme Soucy sur son bilan, elle qui n’hésite pas àprendre le crédit pour l’annonce de la rénovation du centre hospitalier, du palais de justice, de l’étagement ferroviaire Casavant, de la nouvelle école à Saint-Hyacinthe et de l’octroi versé pour la rénovation de l’école primaire de Saint-Dominique. Elle a échoué dans sa tentative d’obtenir une subvention pour le centre de congrès, mais il est difficile de lui en tenir rigueur. Qui donc aurait pu réussir pareil exploit? Surtout Mme Soucy n’est plus l’illustre inconnue parachutée de l’élection précédente. Figure omniprésente, elle est devenue une fière résidente maskoutaine au cours de son premier mandat. Ses adversaires devront sans doute élever leurs attaques en visant son chef et son inexpérimenté parti qui cherchent à prendre le pouvoir pour la toute première fois avec un programme et un cadre financier plutôt évasifs.

Sur ce, souhaitons-nous une belle campagne. Une campagne surprenante? On verra bien.

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